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Béatification du Lucien Botovasoa – Les acteurs politiques se ruent vers Vohipeno

À l’invitation de l’église catholique, la béatification de Lucien Botovasoa sera le rendez-vous
des politiciens. Les prétendants à la magistrature suprême tâcheront, notamment, d’y être vus.Efferves­cence. Animés par la foi et la passion, plusieurs milliers de fidèles de l’église catholique sont en exaltation à partir de ce jour, à Vohipeno. Demain, se tiendra dans cette localité du Sud-Est de la Grande île la messe de béatification de Ramose Lucien Botovasoa.
Une cérémonie religieuse qui sera conduite par le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, auprès du Saint siège, au Vatican. Une effervescence qui atteint aussi le microcosme politique, quoique pour d’autres raisons que celle qui anime l’église catholique. Plusieurs personnalités politiques et leurs suites seront présentes à la messe de dimanche. Certains ont même déjà pris la route dès le début de la semaine pour assister à la messe d’installation du nouvel archevêque de Farafangana, jeudi.
« C’est un moment historique pour Madagascar. Environ cinquante mille personnes sont attendues. L’église a, par ailleurs, invité les dirigeants actuels, les anciens dirigeants et les candidats à la présidentielle », explique un membre du comité d’organisation de l’événement contacté. Hery Rajaonari­mampianina, président de la République et ses prédécesseurs, notamment, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, et leurs suites répondront à l’invitation.
L’ancien chef de la Tran­sition, ayant déjà fait un clin d’œil aux catholiques, lors d’un événement à Imerin­tsiatosika, dimanche dernier, devrait être à Vohipeno dès aujourd’hui, pour l’inauguration d’une stèle en mémoire du martyr Botovasoa. D’anciens Premiers ministres prétendants à la magistrature suprême que sont Jean Omer Beriziky et le général Jean Ravelonarivo, seront aussi, de la partie.

Appel à la raison
Témoigner de sa foi et du respect envers les autres confessions est souvent un atout de charme pour les prétendants à un mandat électif. Les grands rendez-vous religieux est l’occasion privilégiée pour les politiciens, d’afficher qu’ils sont des brebis du Seigneur. Les événements religieux réussissent souvent, à réunir les extrêmes. Bien que l’ambiance pré-électorale soit particulièrement tendue, ce sera à nouveau le cas à Vohipeno.
L’église pourrait, toutefois, profiter de l’occasion pour soigner les âmes des politiciens présents. Sauf changement, aucune prise de parole des personnalités politiques n’est prévue. À s’en tenir au message de la Conférence des évêques de Madagascar (CEM), en novembre, les messages d’exemplarité, d’abnégation, de vérité, de probité et de sacrifice pour le bien commun, à l’instar de Ramose Lucien Botovasoa, pourrait être adressé urbi orbi à la nation.
Les dirigeants et ceux qui prétendent vouloir diriger le pays, notamment, pourraient être directement appelés à la raison. Dans son message, en novembre, quand elle a annoncé ce rendez-vous de béatification du martyr Botovasoa, la CEM a déclaré que « la vérité est morte à Madagascar ». Elle a, particulièrement, fustigé « à cause l’égoïsme et la politique du chacun pour soi, la paupérisation de la population s’aggrave profondément. (…) La corruption gangrène la vie à tous les niveaux et le coût de la vie ne cesse d’augmenter ».
Particulièrement sévère envers les acteurs politiques, le CEM a ajouté que « la politique se fonde surtout sur le mensonge et sur la démagogie. C’est cela que le peuple voit le plus. Il n’y a aucun sens du service mais la recherche de la richesse personnelle. C’est la haute corruption qui règne. La compétence et la sagesse ne sont plus les leviers pour développer le pays au détriment de l’autorité et de l’argent ».
Le CEM a même affirmé sa crainte que le processus électoral soit à nouveau l’occasion « des promesses sans suite, de la volonté de diviser les gens, de distribution d’argent pour tromper les masses ». Rappelant que « les paroles touchent mais les actes entraînent », elle a appelé à prendre en exemple le bienheureux Botovasoa. « C’est une invitation à sauver notre patrie, à vivre la vérité pour nous mener à la vraie réconciliation et à la paix », a déclaré le CEM.

Garry Fabrice Ranaivoson

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