Social

Action humanitaire – L’exode urbain profite aux familles rurales

La lutte contre la pauvreté résulte d’un travail à la chaîne. Elle commence à la base au niveau des familles et se poursuit par diverses activités.

Éviter l’exode rural. D’anciennes familles sans-abri, celles en grande difficulté et des paysans sans terre, ont pu prendre un nouveau départ grâce à l’intervention de l’association Ankohonana Sahirana Arenina (ASA) qui célèbre cette année, son vingtième anniversaire. L’asso­ciation a pour but de réinsérer des familles en milieu rural. Après une préparation de trois ans, elles migrent vers le village d’Ampasipotsy, région Bongolava. « Les familles ont besoin d’une préparation psychologique pour le respect de la discipline, une socialisation pour qu’elles soient prêtes à la vie rurale. Voilà pourquoi, elles poursuivent des séries de formation en hygiène et en santé, en agriculture, en élevage, en menuiserie, en couture, en briquetterie », explique Paul Rabearivony, formateur agricole.
Le responsable du Centre d’actions sociales de l’ASA (CASA), Lantohery Rakon­drainibe poursuit que les trois cycles à Antanety et Ambatomirahavavy se complètent en vue d’une continuité et de durabilité.
« L’association mène un travail ardu car il s’agit d’éduquer et de forger des adultes. Leur passage au centre de réapprentissage les encourage à adhérer aux normes sociales », poursuit-il.
Eva Rasoamalala, mère de sept enfants témoigne que leur vie a changé. « Nous venons de Faratsiho et avons déménagé à Ambolonkandrina. Nous avons connu les coups durs de la ville et avons voulu nous ressaisir. Les animateurs de rue nous ont abordés et expliqué les conditions d’admission à l’ASA. Redémarrer une nouvelle vie nous a intéressé et nous voilà au bout de la troisième année. Des familles abandonnent mais nous nous accrochons car nous souhaitons atteindre notre but », raconte-t-elle. Cette famille élève des lapins, des volailles et la maîtresse de maison excelle dans la vannerie.

Migration
L’ASA, fondée par un frère franciscain, recense trois cents familles, transférées en vingt ans d’existence. L’association soutient ainsi l’exode urbain pour lutter contre la pauvreté. Une fois sur place, les familles signent un contrat avec l’association. Cette dernière aide chacune d’entre elles à construire une maison, lui cède un terrain de 5 hectares. « Nous avons acheté des terrains domaniaux pour la réalisation de ce grand projet. Chaque famille reçoit par la suite un titre de propriété et elle s‘adonne à des activités agricoles », clarifie Sabine Appert Ratsira, co-fondatrice de l’association et membre du conseil d’administration.
Depuis le premier transfert jusqu’à ce jour, vingt villages ASA se sont formés. L’ensemble du site abrite une église, des écoles primaires et secondaires, privées, un centre de santé et un lycée ouvrira bientôt ses portes
en début mai. Un centre de métiers ruraux sera également mis en place dans le but de former les jeunes du niveau troisième en agriculture, en élevage, en menuiserie et en forge. « Ce seront les nouveaux ruraux et ils se verront octroyer des bourses visant la formation de coopérative », conclut cette membre du conseil.

Farah Raharijaona