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Santé reproductive – Un réseau national de dépénalisation de l’avortement

Droit au choix et à la vie pour les femmes. C’est ce qui a été abordé lors d’un atelier de mise en place d’un réseau national pour la dépénalisation de l’avortement à l’hôtel le Pavé, hier. Des participants venant des quatre coins de l’île ont pris part à l’atelier. « Les textes ont été endurcis en ce qui concerne l’interruption thérapeutique de la grossesse où la grossesse représente un risque fatal pour la mère. Or, en cas de viol ou d’inceste par exemple, la femme est considérée comme doublement victime puisque elles ne peuvent ni être aidées ni assistées. C’est dans ce sens que nous comptons faire des plaidoyers afin de faire pression sur la dépénalisation de l’avortement. Dans l’optique de favoriser le droit à la vie pour les femmes et essentiellement le droit au choix », indique Mbolatiana Raveloarimisa, militante en droits humains.

Plaidoyer
Selon un médecin, le droit à l’avortement pour la mère est un choix pour elle, et certaines maladies obligent à procéder à cet avortement. Aucune faculté n’est prévue par la loi pour procéder à un avortement si le cas se présente.

« Trente-cinq personnes composées d’hommes et de femmes vont participer à cet atelier où dix-huit participants viennent des six ex-provinces et dix-sept membres de la coalition mère, déjà mise en place. L’échange d’idées entre les participants est au centre de l’atelier pendant ces trois jours. Les participants venant des quatre coins de l’île comme Fianarantsoa, Morondava sont composés essentiellement de jeunes de moins de trente ans. Ces derniers sont des acteurs “pro-choix” engagés et motivés dans la cause du droit de la femme », indique Kemba Ranavela, co-présidente de Nifin’akanga, un mouvement sur la dépénalisation de l’avortement.

D’un autre coté, le ministère de la Santé publique a estimé qu’environ soixante-quinze mille avortements par an se pratiquaient à Madagascar, en 2017. Des plaidoyers auprès des instances étatiques et des lobbyings, feront partie des activités organisées au sein de cette coalition nationale, sur la thématique du droit au choix et droit à la vie pour les femmes, en tenant compte du contexte national et mondial.

Le projet de loi qui n’a pas fait l’objet de vote jusqu’à maintenant, implique que l’interruption thérapeutique est répréhensible. Effectivement, La loi relative à la planification familiale contenant des articles sur l’avortement thérapeutique n’a pas été adoptée, au niveau du Sénat. L’inter­rup­tion volontaire de la grossesse, incorporée dans cette loi suivant les articles 22 et 23, est sujet à controverse. Une charte de mise en place du réseau national a été signée par les participants en guise de leur engagement pour les droits des femmes, à l’issue de l’atelier.