Editorial

Dépité

Seulement huit cent quatre vingt-cinq candidats aux législatives dont cinq cent quinze indépendants. En 2013 ils étaient plus de deux mille à avoir brigué un siège à l’Assemblee nationale. Comment expliquer cette brusque baisse d’intérêt alors que la dernière législation a montré combien être député peut être financièrement intéressant. Outre le « salaire » devenu mensuel, il y a les indemnités de session qui varient selon la mission. Si pour un vote de la loi de finances, le tarif est forfaitaire, les enchères montent inexorablement quand il s’agit d’une motion de censure contre le gouvernement. Le prix s’envole carrément quand une déchéance du président de la République est enclenchée.

En revanche, pour les votes de projet de loi ordinaires mais d’une importance capitale pour la population comme le code de la communication, l’interruption médicale de grossesse, seuls dix-huit députés assidus assument leur mission.
Être député aurait donc dû susciter des vocations par rapport à cette image laissée par le pouvoir Rajaonarimampianina. Ça vaut le coup de payer une caution de 5 millions d’ariary étant donné que cet investissement aura très vite un retour plutôt juteux.

Les huit cent candidats sont donc ceux qui ont encore le courage d’assumer convenablement les responsabilités d’un vrai parlementaire ou ce sont ceux qui n’ont plus de moralité et qui sont attirés par cette fonction rémunératrice où il suffit de lever la main pour empocher un pactole ?

La présence massive de candidats indépendants montre en tout cas que les partis politiques ne représentent plus grand chose aux yeux de l’opinion. Reste à savoir si ce sont de vrais indépendants qui assumeront leur non alignement jusqu’à la fin de leur mandat où il ne le seront qu’un seul été. Il serait amusant de voir les indépendants décrocher la majorité à l’Assemblee nationale et imposer leur diktat au Mapar et au Tim , proposer le nom du Premier ministre. Une situation inédite mais improbable étant donné que le parti au pouvoir fera tout pour avoir la majorité. Les indépendants risquent de perdre leur statut dès qu’ils franchissent le perron de Tsimbazaza comme cela a toujours été le cas lors des régimes précédents.

Mapar mise d’ailleurs sur la popularité des artistes qui ont soutenu Rajoelina lors de la présidentielle. Pourquoi pas après tout? Dama, Omguy, Rossy, Babaique, Fandrama, Annyah, Voanalaroy, ont ouvert la voie, les autres vont les suivre. S’ils sont aussi créatifs et engagés que dans les paroles de leurs chansons, ils pourront bien tenir leur rôle. En tout cas, les artistes ne pourront pas être pires ou pitres que certains parlementaires.

Les artistes ont toujours servi la lutte populaire à l’image du Hazo Midoroboka Ampamarinana, Zanak’i Dada, Sareraka, Rastefa… Etre député c’est d’abord une question de conviction et d’engagement au service d’une cause. Si c’est le cas on peut-être assuré de ne pas en être dépité.

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