Region

Corinne Ravaoarisoa – « Le réseautage, un facteur clé pour réussir »

Corinne Ravaoarisoa, femme entrepreneure incontournable à Taolagnaro, nous livre son point de vue sur l’environnement des affaires dans la région Anosy

Présentez-nous un peu vos activités pour commencer.
Depuis 2016, j’opère dans la restauration et l’hébergement en créant Andriambe Lodge à Taolagnaro, sur la route qui mène au Port Ehoala. Pour élargir le champ d’activités, je compte proposer aux clients une balade en bateau au lac Ambinanibe. Depuis un an et demi, j’ai commencé aussi à investir dans l’agribusiness, un secteur florissant, en commençant par la culture de baie rose à Ranomafana, dans le district de Taolagnaro. Consciente des opportunités offertes par la pêche, je lance aussi la fumaison de thon.

Comment voyez-vous le monde de l’entrepreneuriat dans la région ?
L’entrepreneuriat, un terme en vogue, commence à fleurir dans la région Anosy. Malheureusement, entreprendre dans l’Anosy en général, et à Taolagnaro en particulier, reste un parcours du combattant. L’environ­nement des affaires est marqué par un marché effrité, ce qui rend difficile la réalisation d’une économie d’échelle. À cela s’ajoutent les routes en mauvaises état qui rendent plus coûteux l’approvisionnement des marchés dans les autres régions. De ce fait, les produits de la région Anosy risquent de ne pas être concurrentiels.

Avez-vous quelques conseils pour tenir la tête hors de l’eau?
Le réseautage et l’intégration des groupements. On ne peut pas réussir si on reste seul et isolé.Il est important pour les entrepreneurs d’avoir des informations fiables sur le marché, les besoins, le prix, les formations, etc. Dans la région Anosy, nous avons l’opportunité d’être accompagnés par le Centre d’affaires de la région Anosy (CARA) et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI). Autre point essentiel, la diversification des activités pour assurer la survie de l’entreprise. Autrement dit, avoir plus de chance de réaliser de bons résultats financiers.

Dans ce cas, avez-vous des propositions pour améliorer le climat des affaires dans la région?
Améliorer la réserve du capital humain, une solution qui relève de l’État. Il ne faut pas oublier que la productivité dépend de la qualité des ressources humaines. Et l’État, garant de l’intérêt général, se doit d’aider les entreprises créatrices d’emploi, de valeur ajoutée et donc de richesse. L’accès au financement, le renforcement de capacités en sont autant d’exemples.

Vous investissez dans le tourisme, comment se comporte ce secteur ?
La région ne manque pas d’endroits authentiques avec des vues à couper le souffle, des espèces endémiques du Sud, divers atouts pour attirer les touristes. Mais le secteur peine à renouer avec la croissance. Cependant, avec l’affluence des paquebots, des améliorations ont été constatées depuis l’ouverture du vol direct Réunion-Taolagnaro, en décembre 2018.
Pour appuyer cette avancée, la destination doit être concurrentielle au niveau service, prix, etc. Il s’agit aussi de mieux vendre la destination tant au niveau national qu’au niveau international, à travers les publicités et la multiplication des activités touristiques.