Océan indien

Comores – Marche pour la liberté de presse

Moroni, capitale des Comores

Des candidats d’opposition à la présidentielle protestent contre l’emprisonnement arbitraire de deux animateurs satiriques et la fermeture de leurs radios.

Un rassemblement organisé par un comité citoyen pour la liberté d’expression s’est tenu mardi au centre de Moroni. Des journalistes, mais aussi des représentants des candidats d’opposition à l’élection présidentielle du 24 mars, se sont réunis pour protester contre la détention arbitraire, depuis un mois, de deux animateurs satiriques. Critiques farouches et parfois acerbes du régime, les radios où ils exerçaient ont été fermées à deux reprises. Ils sont détenus à la prison de Moroni dans des conditions d’hygiène déplorables. Mercredi, l’état de santé de l’un d’eux s’est sévèrement aggravé, il a besoin de soins médicaux sérieux qu’il ne peut recevoir en prison.

Cinq des douze candidats d’opposition ont pris fait et cause pour la liberté d’expression dont les deux agitateurs, considérés par certains comme des journalistes, sont les symboles.

Les Dr Karihila et Achmet, Me Mahamoud et Mouigni Baraka ont envoyé des émissaires à ce rassemblement à l’image du représentant du candidat Mzimba.

Droit aux soins
« Je représente un candidat aux élections présidentielles et je suis moi-même militant des Droits de l‘Homme et ça dépend de l’ensemble des démocrates, des personnes qui sont éprises des libertés qui doivent revendiquer fortement la libération de ces deux journalistes. » Il est inacceptable que l’un d’eux soit malade et « pas autorisé à se soigner, souligne encore le représentant du candidat Mzimba, c’est une violation flagrante des droits humains.»

Après avoir vainement tenté de voir l’animateur Oubeidillah M’changama en prison, la journaliste Faïza Soulé est arrivée au rassemblement pour porter un discours ému. « Nous avons eu un permis pour le voir, il n’a pas pu se déplacer parce qu’il n’a pas pu quitter son lit. On parle même d’un risque d’urgence chirurgicale. Aujourd’hui, nous voulons dire aux autorités comoriennes que ce sont des prisonniers qui sont malades : leur place n’est pas en prison. La place d’Oubeid n’est pas en prison, mais dans une clinique. Il faut qu’il se fasse soigner. »

Le jeune trublion de 21 ans était très actif sur les ondes et les réseaux sociaux. Sans admission en milieu hospitalier, ses jours pourraient être en danger.

© RFI