Editorial

Franc-Macron

Le mythe des francs-maçons n’a pas épargné le premier débat télévisé entre les deux candidats en pour le second tour de l’élection présidentielle. Les deux prétendants ont répondu par la négative bien que l’emblème du plus jeune ressemble à l’équerre et le compas par lesquels on reconnaît les francs-maçons.
En 2013, les deux candidats du second tour devaient répondre à la même question. L’un a répondu favorablement alors que l’autre a nié. Le franc-maçon a perdu au second tour. N’empêche, cette étiquette a été collée à tort et suivra comme son ombre durant tout le mandat du vainqueur. Peut-être que cela lui a porté malheur à en juger le score qu’il a réalisé au premier tour de la présidentielle.
Le fait d’être un franc maçon taraude ainsi les méninges des électeurs. Il est vrai que la franc-maçonnerie demeure un mythe même si elle a beaucoup évolué par rapport à l’époque des ténèbres. Aujourd’hui, les francs-maçons sont connus pour être des bienfaiteurs, des bâtisseurs. Ils ne veulent que du bien à la société. Le recrutement se fait par parrainage selon le profil de la future recrue qui doit répondre à des critères précis. Madagascar compte un bon nombre de francs-maçons et abrite souvent l’assemblée générale de quelques grandes loges européennes au même titre que certains pays d’Afrique. Ils sont très discrets et ne portent ni collier ni t-shirt pour qu’on puisse les reconnaître. Mais ils commencent à se faire connaître justement pour démystifier leur mouvement.
Les francs-maçons sont loin d’être des personnages dangereux ni nuisibles comme l’on a tendance à le faire croire. Mais leur règle de conduite les empêche de publier leurs actions contrairement aux clubs de service qui font beaucoup de communication. L’opinion leur prête des pratiques sataniques, des pactes avec le diable. Beaucoup de francs-maçons sont aujourd’hui des chrétiens convaincus sans que cela soit un obstacle. Si le mythe des «mpaka fo» et des «biby olona» ( centaure)a presque disparu, celui des francs-maçons reste tenace dans l’imaginaire populaire.
Avoir un président franc-maçon est donc plutôt un atout qu’un handicap à l’image de l’ancien président français Francois Mitterrand. On ne voit donc pas pourquoi une telle question devrait occuper une place prépondérante dans un débat présidentiel où les préoccupations majeures sont plutôt les axes du développement, les divers secteurs prioritaires. Les deux candidats eux -mêmes ont été surpris qu’on leur pose une telle question. Leur parcours ainsi que leur comportement ne correspondent absolument pas au profil d’un franc-maçon. Les journalistes auraient dû savoir qu’une loge ne peut pas héberger de telles personnalités.
Et on n’entre pas dans une loge avec ses qualités de candidat ou de futur président, encore moins avec des millions de dollars. Il est vrai qu’on dit souvent que pour gravir les sommets du pouvoir, il faut le coup de pouce des « frères », le puissant lobby d’une loge. Il y a des cas qui relèvent de la pure coïncidence mais ce n’est pas souvent le cas de par le monde. à preuve, le président français n’est pas un franc-Macron. C’est ainsi qu’il se fait bousculer par les gilets jaunes.

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  • La franc -maçonnerie demeure toujours un énigme mystique dans la conscience populaire . Inviter au débat de la présidentielle l’appartenance ou non à cette loge est incongrue . Il serait plus pertinente de savoir si Marc Ravalomanana ancien vice-président du fjkm s’adonne à de l’idolâtrie à un bouc  » Osy mainty  » .