A la une Actualités Politique

Présidentielle – Course contre la montre entre les deux tours

Le gouvernement a commencé la présentation des textes électoraux, hier. Les échos des échanges indiquent que le timing risque d’être serré entre les deux tours de la présidentielle.

Cadence infernale. C’est à quoi devra s’attendre la Commission électorale nationale indépendante (CENI), durant l’entre deux tours de la présidentielle. Pour respecter le prescrit constitutionnel, le nouveau cadre juridique des élections devrait prévoir des compressions à certains délais entre les deux tours de vote.
Lors du face-à-face entre le Sénat et le gouvernement, Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a annoncé qu’avant leur présentation au Parlement, les projets de loi organiques devant composer le nouveau cadre juridique des élections feront, à nouveau, l’objet de séances de consultations avec les acteurs concernés. La première de ces séries d’échanges s’est tenue, hier, au Development learning center (DLC), Anosy. Y ont été conviés les députés pro-pouvoir.
Profitant de la réunion du comité de pilotage du projet de Soutien au cycle électoral à Madagascar (SACEM), hier, au siège de la CENI, à Alarobia, le représentant du gouvernement a abordé la situation des projets de lois électorales. Les contraintes de délais qu’impose la Constitution en son article 47 ont été soulevées à Alarobia et Anosy.

Délais écourtés
Expliquer ces contraintes serait, l’une des raisons de ces nouvelles consultations. S’en tenant à l’alinéa 1er de l’article 47 de la Consti­tution, les nouveaux textes électoraux pourraient imposer un timing très serré à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « L’élection du président de la République a lieu trente jours au moins et soixante jours au plus avant l’expiration du mandat du Président en exercice », dispose cet alinéa. Appréhensions.
Le gouvernement aurait réitéré devant ses députés, hier, que le premier et deuxième tour de la présidentielle devra se tenir entre le 24 novembre et le 24 décembre. Le président nouvellement élu devra prêter serment le 25 janvier 2019. Ceci impliquerait que les délais de publication des résultats provisoires et celui de la proclamation des résultats définitifs soient écourtés. Le temps de la campagne électorale pour le deuxième tour devrait, également, être compressé. La CENI martelant qu’il se soumet aux dispositions législatives devra se plier aux prescrits des nouveaux textes électoraux.
Devant la presse, hier, en marge de la réunion avec le SACEM, maître Hery Rakotomanana, président de la CENI, a réitéré le souhait que les dates des votes soient fixées. « La CENI s’en tient au fait que le scrutin prési­dentiel se prépare en trois-cent soixante-trois jours, à compter du 1er décembre. Ce qui cadre avec l’article 47 de la Consti­tution. Nous souhaitons juste connaître les dates dès maintenant pour nous préparer au mieux et qu’on ne remette pas en cause le professionnalisme de la CENI après », a-t-il déclaré.
L’alinéa 3 de l’article 47 de la Constitution prévoit, également, que le second tour a lieu trente jours au plus après la proclamation officielle des résultats du premier tour. Une phrase dont le chef de l’État a pointé du doigt l’incohérence avec l’alinéa 1er lors du petit déjeuner de presse, à Iavoloha, le 16 septembre. Cette disposition ne semble plus apparaître dans les débats. Sa prise en compte pourrait, toutefois, donner de l’air aux préparatifs de la CENI.
Une source avisée indi­que, qu’outre la collecte, la publication et la proclamation des résultats, l’impression et le dispatching dans les bureaux de vote, des bulletins uniques pour le second tour nécessiteront du temps. À l’instar des élections de 2013, les impressions pourraient se faire à l’étranger. Sauf accord contraire, les consultations seront suivies d’une session extraordinaire du Parlement pour voter les projets de lois électorales.
Les appréhensions face à la pression temporelle qui se profile est perceptible à la CENI. Y remédier devrait impliquer une retouche de la Constitution. Une option rejetée par une partie de l’opi­nion publique, mais qui semble rester dans la tête de l’Exécutif. Le gouvernement souhaite que les échanges déboulent sur des consensus pour assurer une élection crédible et acceptée de tous. Il s’agirait d’une démarche pour éviter des troubles postélectorales. Reste à voir ce qu’accoucheront les consultations.

Garry Fabrice Ranaivoson