Océan indien

Mayotte – Des tortues massacrées malgré la présence des gardiens

C’est Sea Shepherd qui dénonce des braconnages, cette semaine à Mayotte. Il y a quelques jours, les volontaires de l’association ont découvert, sur les plages de Charifou 1 et Charifou 2, une douzaine de carapaces de tortues braconnées. Une autre a été découverte sur la plage de Moya 1, « au nez et à la barbe des gardiens, juste en contrebas de leur cabane ». « Une fois de plus, ils étaient restés toute la nuit dans leur cabane », dénonce Sea Shepherd.
Les faits sont d’autant plus graves qu’ils sont survenus sur des plages a priori surveillées. À Mayotte, sur la soixantaine de plages où viennent pondre les tortues, seules quatre sont surveillées par les gardiens du Conseil général de Mayotte. Moya 1, Charifou 1 et Charifou 2, en faisaient pourtant partie. Sur ces deux dernières plages, il y a officiellement neuf gardiens du CG chargés d’assurer leur protection.
Sea Shepherd revient en outre sur la découverte de la tortue braconnée de Moya 1. « Devant notre équipe, leur responsable leur a donné, par téléphone, pour instruction d’enterrer la tortue sans prendre la peine de la signaler au REMMAT (Réseau d’échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines) comme le voudrait la procédure. Une pratique qui semble courante chez certains gardiens et qui fait le jeu des braconniers, entraînant une importante sous-estimation du nombre de tortues tuées à Mayotte. »

Déjà l’année dernière, Sea Shepherd avait découvert deux tortues braconnées, et les auteurs, encore présents sur les lieux, avaient « caillassé » l’équipe et les gendarmes sur les lieux. Des faits brandis par les responsables et les gardiens pour justifier leur refus officiel de surveiller la plage de Moya 2, « trop dangereuse ».
« Ils étaient équipés de lumières blanches, connues pour perturber les tortues, risquant de les pousser à retourner en mer sans avoir pondu et de lâcher leurs précieux œufs dans l’océan», dénonce l’association qui ne comprend pas l’inaction de ces gardiens pourtant rémunérés par les impôts du contribuable. Et de pointer du doigt : « Si parmi ces gardiens, certains tentent honnêtement de faire leur travail, beaucoup d’entre eux ne sont pas dignes de la mission qui leur est confiée.» Car les tortues, disent-ils, n’ont aucune chance si « même les gens payés pour les protéger se rendent complices de leur massacre en ne prenant pas leur rôle au sérieux et en camouflant les cadavres ».

© JIR

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