Opinions Texto de Ravel

Il ne nous a pas déçus

Il ne nous a pas déçus, il nous a déçus. Un paradoxe haut en couleur et fantastique digne d’un film d’animation pour enfant de Walt Disney. On n’ose même plus faire la comparaison avec les longs métrages de Bollywood, de Nollywood car la saga requiert une dose forte de magie. C’est donc comme chez Disney où un jour, un cheval peut devenir un prince charmant, une souris un cheval, une citrouille un carrosse, une autre souris peut devenir le cocher. Vous l’aurez deviné, c’était dans Cendrillon. Il suffisait d’un « Bibbidi-Bobbidi-Boo ! » et un coup de baguette magique pour que des changements de rêve s’opèrent.
Il ne nous a pas déçus ce nouveau premier ministre, il a suivi le cours « normal » des choses. Certains nourrissaient un mot qui finalement rend vraiment perplexe. Ils avaient de « l’espoir » ! L’espoir que celui que l’on n’a jamais vu dans l’arène politique (qui compte autant de lions que de dinosaures, de crocodiles que d’hyènes, de serpents à deux têtes que de cochons sauvages) puisse nous en débarrasser une bonne fois pour toute avec un « Bibbidi-Bobbidi-Boo ! ». Ce fut un rêve de courte durée car la magie n’opère pas toujours dans ce sens.
Il ne nous a pas déçus, il nous a déçus. Certains plus clairvoyants se refusaient de croire en la magie et s’efforçaient d’être rationnel. Ils présageaient qu’impérativement, ce premier ministre allait sauter d’un bond dans l’arène politique, faire ami-ami avec ces « choses » et vouloir en devenir le maitre. Eh oui, ceux-là n’ont pas été déçus car la situation leur donne une fois de plus raison. Malgré ça, il faut quand même avouer que notre homme a réussi un coup de maître. Il fait mieux que marraine la bonne fée qui apparaît comme une fée de pacotille face aux superbes et magnifiques coups d’entourloupes du maitre ! La fée de Cendrillon n’a fait durer la magie que jusqu’aux douze coups de minuit.
Il ne nous a pas déçus, il nous a déçus. Notre nouveau premier ministre par contre a d’un coup de nomination mis dans un même gouvernement des « gens » qui s’aboient dessus, qui « s’égorgent » par les mots, qui se détestaient jusqu’à en titiller les noms de leurs mères. Notre grand magicien a fait naître des poignées de mains historiques, des sourires jusqu’aux oreilles et des poses photos comme dans tout heureux grand mariage. Il a transformé des dragons cracheurs de feu en de magnifiques et délicates colombes porteuses de paix et de sérénité. En une nomination, il a fait rejaillir du ventre de la terre des noms de momies qu’on croyait bel et bien enterrées à jamais mais qui reviennent en force avec les grandes lames du règlement de comptes.
On ne pourrait trouver les mots pour qualifier ce gouvernement qui vient de naître. Généralement on vient féliciter les parents et la famille d’un nouveau-né. Par politesse, on dit que c’est un beau bébé et on souhaite aux parents que l’enfant grandisse vite et soit en bonne santé. Mais comment fait-on dans le cas présent ? Féliciter les parents de ce nouveau-né de gouvernement serait une injure à la conscience humaine elle-même. De plus, ce bébé-là est tellement laid, répugnant. Le mot « effroyable » ne serait pas de trop pour le qualifier. Pire, qui lui souhaiterait longue vie et bonne santé ?
L’homme aurait pu faire la différence, mais il a choisi la commodité alors qu’il avait entre les mains le pouvoir d’un changement radical. Certes, on ne peut attendre de tout vain mortel d’être Sankara mais il est du devoir de tout homme nouveau d’aller sur son chemin. Il ne nous a pas déçus, il nous a déçus.

 

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