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Ministère de l’intérieur et de la décentralisation – Nomination d’un nouveau ministre dans l’air

Le ministère de l’Intérieur devrait connaître son nouveau numéro un incessamment. Une décision qui pourrait se heurter à la grogne des administrateurs civils.

Imminent. Des indiscrétions confirment qu’un nouveau ministre de l’Intérieur devrait être prochainement nommé. Il s’agirait d’une personnalité politique récemment de retour dans le sillage du pouvoir, après avoir été absent de l’arène depuis la fin de la Transition.
« La nomination devrait se faire dans les prochains jours », affirme une source avisée. Le poste de ministre de l’Intérieur et de la décentralisation est assuré de manière cumulative par Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, depuis avril 2016.
Moment où ce dernier a été désigné à la tête du gouvernement. La décision de désigner un ministre qui se chargera uniquement du département de l’Intérieur et de la décentralisation intervient deux ans après la formation du team Mahafaly.
Cette nomination, si le président de la République ne change pas d’avis, agite les coulisses du microcosme politique. Le fait qu’elle intervient dans le contexte pré-électoral intrigue. Au sein du pouvoir, une explication avancée soutient que « cela délestera le Premier ministre d’un volume de travail non négligeable et lui permettra de se concentrer sur la mise en œuvre du programme étatique, ainsi que l’harmonisation des actions gouvernementales et celles de l’administration publique ».
Seulement, vu de l’extérieur, la décision est prise comme une démarche « visant à raffermir l’emprise étatique sur l’administration territoriale en cette année électorale ». L’impartialité de l’administration, bien que prescrite par les dispositions légales, est un sujet qui fait toujours débat en période électorale. Du côté de l’État, le ministère de l’Intérieur est le département qui est au front dans l’organisation des élections.

Grogne
La personnalité pressentie au poste de ministre de l’Intérieur, de prime abord, n’a pas d’expérience en matière d’administration territoriale. Seulement, lors de la présidentielle de 2013, elle a déjà conduit la campagne électorale d’un candidat. Au-delà des questions politiques, le fait que la personne avancée pour être nommée ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, ne soit pas issue du corps des administrateurs civils ferait par ailleurs grincer des dents au sein de ce département.
Une des revendications du Syndicat des administrateurs civils (SYNAD), depuis plusieurs années, est entre autres que les postes de secrétaires généraux des institutions et entités publiques soient attribués à des personnes issues de ce corps, et que le ministre de l’Intérieur soit un administrateur civil. Le changement imminent réveillerait certaines insatisfactions. « L’information indiquant la nomination d’un nouveau ministre qui ne serait pas issu de notre corps commence à faire jaser », rapporte une source au sein du département de l’Intérieur.
« Comme le ministère de la Défense nationale, de la Justice, ou encore, de la Sécurité publique et du secrétariat à la gendarmerie nationale, le ministère de l’Intérieur est aussi un ministère de corps. Pourquoi dans ces départements, les minis­tres sont toujours nommés parmi les corps qui composent ses démembrements ou le corps le plus gradé ? Et pourquoi notre département y fait toujours exception ? », fulmine une autre source.
Le département de l’Inté­rieur et de la décentralisation est cependant l’un des ministères de souveraineté. Outre le volet technique, les enjeux politiques et de gouvernance comptent dans le choix de la personne à placer à sa tête. La grogne en coulisse laisse, toutefois, présager que la personne pressentie pour occuper ce poste pourrait voguer en eau trouble. La prise en main risque d’être difficile.
Seulement, les administrateurs civils sont des grands commis de l’État. Aussi, particulièrement ceux qui sont en poste au sein de l’administration publique sont tenus de respecter et suivre les choix des dirigeants politiques. Ils doivent appliquer leurs décisions et directives, sauf lorsqu’elles sont illégales. La Constitution attribue, toutefois, la nomination des ministres aux prérogatives présidentielles.

Garry Fabrice Ranaivoson