Editorial

Retour vers le futur

Marc Ravalomanana a-t-il vraiment changé ? C’est l’appréhension de ses détracteurs et surtout des victimes de ses exactions et de ses dérives autoritaires lors de ses mandats à la tête de l’Etat. Porteurs de beaucoup d’espoir, il est devenu trop imbu de sa personnalité, omnipotent se croyant presque infaillible. Il est le propre fossoyeur de sa personne. Il a humilié et méprisé des personnalités de toutes sortes, des officiers militaires, des opérateurs économiques, des hommes d’église, des leaders politiques et des journalistes, des dirigeants sportifs. Il ne s’embarrassait pas de scrupules pour se débarrasser d’une personnalité gênante ou d’un concurrent dangereux. Sa chute était prévisible. Le mouvement de rue initié par Andry Rajoelina et qui l’a renversé cristallisait toutes les rancœurs de beaucoup de personnes longtemps contenues. La coupe était pleine à l’époque qu’il fallait crever l’abcès.
Ravalomanana pourrait reconquérir le pouvoir à l’issue du second tour de l’élection présidentielle si les électeurs le veulent. Quelle garantie peut-il offrir aux électeurs qu’il ne commettra de nouveau les mêmes bêtises, les mêmes abus? A priori rien. Il reviendra au pouvoir avec la férocité d’une bête blessée, d’un homme humilié et avide de vengeance, d’un entrepreneur dépouillé qui a hâte de renflouer son coffre. C’est humain et on ne peut le lui en vouloir. Tout le monde n’est pas Nelson Mandela pour apprendre à ses bourreaux les vertus du pardon.
Quand on regarde l’entourage immédiat de Marc Ravalomanana, on ne voit plus grand monde par rapport à 2002 et 2006. Où sont passés les Yvon Randrianasandratriniony, ancien président du Sénat, Rajemison Rakotomaharo, ancien président du Sénat, Benjamin Ramamonjisoa, ancien sénateur, Solofonantenaina Razoarimihaja, ancien président du Tim, Samuel Mahafaritsy, ancien président de l’Assemblée nationale, Henri Randrianjatovo, Pierrot Botozaza, ancien ministre, ancien ministre, Pascal Jaosoa, ancien député, Joseph Yoland, ancien député, Ali Sarety, Yves Aimé Rakotoarison, ancien député,Fetison Rakoto Andrianirina, ancien président de la Mouvance Ravalomanana…La grande armée de la Dream Tim a périclité, les Tiko Boys ne sont plus qu’un souvenir. C’est pas peu dire. Des défections massives qui ont nettement affaibli la puissance de frappe du Tim. D’autres personnalités sont venues grossir les rangs mais ce sont plutôt des opportunistes que des militants convaincus.
Le score réalisé par Marc Ravalomanana au premier tour illustre bien la situation dans laquelle trouve actuellement le parti Tim. Réussira-t-il un retour vers le futur ? La balle est dans le camp des électeurs.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter