L'Express de Madagascar

Détournement de deniers publics – Claudine Razaimamonjy relaxée

Claudine Razaimamonjy reste en prison pour d’autres affaires de détournements de fonds.

L’hôtelière sort relaxée de son premier jugement. Happée par plusieurs autres affaires de détournement de deniers publics, elle reste, néanmoins, en détention provisoire.

Relaxée, mais toujours en prison. Stupeur dans le microcosme journalistique et sur les réseaux sociaux. Claudine Razaimamonjy, femme d’affaire, aurait été « relaxée au bénéfice du doute ». Une réaction faisant suite à une information diffusée dans l’édition du soir de la radio Madaga­sikara (RNM), hier.
Il s’agit d’un verdict rendu par le Pôle anti-corruption (PAC), d’Antana­narivo, sis aux 67 ha, à l’issue d’un procès qui s’est déroulé, hier. Il s’agit du premier procès d’un dossier impliquant la femme d’affaires. Il concernerait un cas de malversations financières dans l’attribution de marché public pour la construction d’un lycée technique dans la commune rurale d’Ambalavao.
L’affaire instruite en décembre 2017 par la Chaîne pénale anti-corruption (CPAC), remplacée par le PAC, aujourd’hui. Avec la propriétaire de l’A&C hôtel, six autres personnes sont happées par cette affaire, dont d’anciens responsables de l’attribution de marché public auprès du ministère de l’Enseignement technique. Les malversations remonteraient à l’année 2016 et concerneraient un montant de deux-cents millions d’ariary.
Déféré devant la CPAC après que le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), en décembre, Claudine Razaimamonjy a un statut de co-auteur dans le dossier. Selon les explications, toutefois, l’hôtelière a été relaxée au bénéfice du doute, hier, puisque « le PAC n’a pas trouvé un lien entre elle et l’auteur des malversations ». Un des auteurs principaux, une dame, éga­lement, a, quant à elle, écopé d’une condamnation et d’un mandat d’arrêt à l’audience.

Détention provisoire
La raison du mandat d’arrêt à l’audience est que cette dame serait recherchée « depuis quelques années », par le BIANCO, mais serait introuvable. Les investigations menées par le Bureau d’Ambohibao relèveraient, par ailleurs, l’éventualité que l’auteure principale condamnée, hier, ne serait qu’un prête-nom.
La destination finale du paiement fait à la société dont cette auteure principale est la propriétaire, serait les comptes bancaires de Claudine Razaimamonjy. À s’en tenir au verdict du PAC, toutefois, il semble que les éléments du dossier ne soient pas suffisants pour faire le lien entre celle considérée comme auteur principale du délit et l’hôtelière. Contrai­rement aux affirmations hâtives, en réaction à des publi­­cations sur les réseaux sociaux, la propriétaire de l’A&C hôtel n’est pas, pour autant, libérée.
Bien qu’elle ait été relaxée, hier, Claudine Razaimamonjy reste en détention préventive. La femme d’affaires est encore happée par d’autres dossiers en attente de procès au niveau du PAC. Celle qui a amené à son placement sous mandat de dépôt, le 7 avril 2017, concerne des malversations de subventions exceptionnelles destinées aux communes rurales d’Ialana­nindro et Mahasoabe, sises dans la région Haute Matsiatra.
Outre le détournement de deniers publics, les chefs d’inculpation retenus dans ce dossier sont l’abus de fonction, le recel de deniers publics et le favoritisme dans l’attribution de marchés publics. Le montant du délit serait de cinq-cents millions d’ariary. Toujours dans le cadre des subventions exceptionnelles, Claudine Razaima­monjy est, aussi, enchaînée à l’affaire Ambohimamasina. Une commune rurale dans le Haut Matsiatra, où trois-cent cinquante millions d’aria­ry ont été détournés.
Un autre dossier, instruit par la CPAC, en mars 2018, agrippe, également, l’hôtelière. Une communication faite par le BIANCO a indiqué qu’il s’agit du « détournement d’une somme de cinq-cents millions d’ariary par le paiement de fausses factures relatives à la réhabilitation d’un bâtiment public sis à Antanetibe au nom du ministère des Postes et télécommunications ».
Plus d’une dizaine d’affaires impliquant la femme d’affaires seraient en attente de jugement. « L’issue du procès d’hier, n’aura, probablement, pas d’impact sur sa détention provisoire », indique une source avisée. Le Bureau d’Ambohibao, du reste, aurait encore en réserve d’autres dossiers contre Claudine Razai­mamonjy.