Politique

Rapport d’investigation du BIANCO – Sept membres du gouvernement enquêtés pour corruption

Le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a publié sur son site web le rapport des investigations menées au premier trimestre 2018. Sept membres du gouvernement figurent parmi les personnes enquêtées.

Tirer au clair. Ceux qui ont été impliqués de près ou de loin à des faits de corruption doivent s’inquiéter. Le Bureau indépendant anticorruption (Bianco) a publié dans son site web le rapport d’investigation au titre du premier trimestre 2018.
Sur les cinquante-trois enquêtes ouvertes, les limiers du Bianco ont été sur la piste de sept membres du gouvernement. Dans la rubrique qualité des personnes poursuivies, le rapport indique la présence de sept membres du gouvernement parmi les auditionnées. « Ce sont des personnes ayant fait l’objet d’ouverture d’une enquête », explique Jean Louis Andria­mifidy, directeur général du Bianco. L’article 47 de la loi anti-corruption dispose, en effet, que toute personne suspectée d’être auteur, co-auteur, complice ou instigateur de fait de corruption ou d’infraction assimilée à la corruption peut faire l’objet d’audition, dans le cadre d’une enquête préliminaire.
Depuis le début de l’année, plusieurs affaires de corruption ont éclaté au grand jour impliquant ainsi de hautes personnalités dont des membres du gouvernement. « Nous nous sommes basés sur la qualité de ces personnes au moment des faits. Ainsi, même après avoir été démis de leurs fonctions, ces personnes ont toujours été classifiées comme membres du gouvernement », poursuit le directeur général du Bianco.
Le premier trimestre de l’année 2018 a été plein de rebondissements, en matière de scandales liés aux faits de corruption. Plusieurs hauts responsables ont été ébranlés par l’opinion publique, suite à différentes dénonciations.

Demi-mesure
Dans son rapport, le Bianco indique l’arrestation puis la mise en détention provisoire d’un ancien ministre. Il s’agit d’un ancien Grand argentier soupçonné d’être impliqué dans une affaire de détournement des fonds alloués à la réhabilitation d’un bâtiment public appartenant au ministère des Postes et des télécommunications. Celui-ci a été placé sous mandat de dépôt depuis le 5 avril.
Six autres anciens ministres ont également été auditionnés suite à des scandales relayés par les médias et les réseaux sociaux. Suite à une doléance déposée par l’État, un ministre de l’aménagement du territoire sous la transition a également été auditionné pour expliquer la vente de la villa Elisabeth pendant le premier trimestre. La destruction des feuilles de copie du concours à l’École nationale des magistrats et des greffes (ENMG) a également fait la Une des journaux au premier trimestre.
Saisi par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) et la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH), le Bianco a également ouvert une enquête impliquant ainsi l’ancien ministre de la Justice.
Avec la mise en place et l’opérationnalisation récente du Pôle anticorruption (PAC), le traitement des dossiers sur la corruption connaîtra une célérité certaine. Outre les membres du gouvernement, plusieurs hautes personnalités ont également fait l’objet d’une ouverture d’enquête. Toutefois, même si les auteurs de corruption sont condamnés, ils peuvent toujours jouir des fruits de leurs actes en l’absence de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites.
Soumis au parlement depuis novembre 2017, le vote de ce projet de loi a été reporté cinq fois par les députés. Une attitude qui cultive l’impunité.

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