Economie

Consommation – Les sachets plastiques bafouent la loi

Des sacs et sachets en plastique d’une épaisseur de moins de 50 microns sont encore utilisés et commercialisés malgré l’interdiction. Le laxisme règne.

 

Dur de faire appliquer la loi à Madagascar. Les sacs et sachets en plastique à bretelle ou à poignée d’une épaisseur inférieure ou égale à 50 microns circulent encore et sont bel et bien utilisés. Un premier décret est sorti en 2014 stipulant l’interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des sacs et sachets en plastique, pour être appliqué en octobre 2015. Mais qui ne l’a jamais été. Un autre est sorti en janvier 2017 avec une période transitoire d’application jusqu’en mars 2017, mais en ajoutant que le stock de sachets et sacs en plastique est également interdit.
Les plastiques d’une épaisseur de moins de 50 microns ont disparu un temps pour réapparaître quelques semaines seulement après la mise en vigueur de la loi.
Les industriels sont pointés du doigt. « Les industriels producteurs et importateurs trouvent le moyen de contourner cette loi malgré les mesures imposées ainsi que les
divers contrôles effectués par nos agents. Des vérifications périodiques sur le respect de cette épaisseur ont également été menées jusqu’auprès des grossistes et des détaillants ! » a fait savoir Jacques Picot, directeur du Commerce et de l’environnement, auprès du ministère du Commerce et de la consommation.
Public-privé
Cette loi sur l’interdiction décrit qu’en cas de commercialisation ou de production, le ministère du Commerce et de la consommation procède à la saisie des marchandises et au retrait de l’agrément de l’exercice de l’activité professionnelle de l’entreprise.
« Il n’y a pas de production de sachets et sacs en plastique inférieure à cette dimension lors des divers descentes et contrôles effectués chez les industriels. La production, selon nos sources, se fait la nuit et en dehors des usines officielles », explique Gaëtan Ramindo, directeur général du Développement des industries auprès du ministère de l’Industrie et du développement du secteur privé. « Ce qui rend la tâche un peu plus compliquée », ajoute encore le responsable.
Les trois ministères à savoir le Commerce, l’Environnement et celui de l’Industrie, chargés de la suspension d’activité, à la fermeture temporaire, ou définitive de l’établissement, ont fait bloc pour mieux faire appliquer cette loi.
« Mais, il y a effectivement un certain manque de dialogue entre les trois entités. Le ministère de l’Industrie, par exemple, n’a pas été concerné par la célébration de la journée mondiale de l’environnement, qui a eu les sachets plastiques comme thème de célébration, cette année. Nous avons déjà demandé à en faire un thème spécifique lors du prochain dialogue public-privé », poursuit Jacques Picot.
Le ministère de l’Indus­trie propose le développement d’autres alternatives dont les sachets biodégradables, en papier, en tissu car, quelque part, ce « trafic » de production de sachets plastiques, détruit le marché des artisans formels.
Près de 50 000 tonnes de déchets ménagers s’élevant à 250 000 tonnes par an dans la capitale, sont des déchets plastiques. Ils sont qualifiés de déchets non biodégradables ni altérables, par le fait que leur durée de vie peut atteindre jusqu’à 500 ans.