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Médiation de la crise – Un accord politique dans l’air

Le communiqué de fin de mission de Ramtane Lamamra évoque une dynamique vers un accord politique. Le maintien du calendrier électoral selon la Constitution et un changement de gouvernement sont en filigrane.Accord politique. Ces mots se chuchotaient en coulisse et, brièvement évoqués et révoqués sur la place du 13 mai. Le communiqué de presse de fin de mission de l’ambassadeur Ramtane Lamamra, haut représentant de l’Union africaine (UA) « pour faire taire les armes en Afrique », l’affirme, toutefois, de manière officielle. La crise politique, actuelle, du point de vue des médiateurs internationaux, devrait se solder par un accord politique.
« (…) Monsieur Lamamra et les autres émissaires de la communauté internationale ont pu obtenir des principales parties malgaches l’ouverture de consultations politiques de haut niveau en vue du rapprochement des points de vue sur la tenue d’un projet d’accord politique devant permettre une évolution sereine et ordonnée vers la tenue de l’élection présidentielle à la date prévue par la Constitution malgache », rapporte le communiqué de presse annonçant la fin de mission de l’émissaire de l’UA publié, hier.
Comme l’indique la missive de l’organisation continentale, cet accord devrait faire en sorte que le premier tour de la présidentielle se tienne en fin d’année, comme le prescrit la Loi fondamentale. La promulgation, hier, des nouveaux textes électoraux pourraient cadrer avec ce chemi­nement de sortie de crise.

Figer
La Commission électorale nationale indépendante (CENI), requiert, justement, que les règles du jeu soient fixées avant la fin de ce mois s’il est dans l’objectif de maintenir le calendrier constitutionnel des votes.
L’autre conséquence de cet accord politique serait un changement pour « un gouvernement de consensus ». Un nouveau team gouvernemental qui sera issue d’accord entre les principaux protagonistes de la querelle politique. La mission de Ramtane Lamamra a été conclue par une réunion avec des acteurs politiques que sont Rivo Rakotovao, président du Sénat, Jean de Dieu Maharante, ministre de la Fonction publique, Christine Razanamahasoa, membre des « députés pour le changement », Norbert Lala Ratsira­honana, ancien chef d’État.
Outre l’émissaire de l’UA, Abdoulaye Bathily, conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies et Antonio Sanchez-Benedito, ambassadeur de l’Union européenne (UE), étaient aussi de cette réunion, à Ankorondrano. Koen Vervaeke, l’émissaire de l’UE ayant déjà quitté le pays. Les médiateurs internationaux ont, aussi, rencontré les trois autres anciens chefs d’État. La diversité des entités et personnalités politiques approchées par les émissaires internationaux pourrait donner un aperçu de l’effectif du gouvernement issu de « l’accord politique ».
Dans un texte publié, hier, Marc Ravalomanana, ancien président de la Répu­blique, jette, pourtant, un pavé dans la marre. « (…) C’est un excès de pouvoir commis par les médiateurs si l’issue de leur mission aboutit à imposer ou même susciter un schéma de sortie de crise quelconque. (…) La communauté internationale n’a jamais été sollicitée, ni ne s’est présentée pour une conciliation, mais pour une médiation », soutient l’ancien chef d’État. Dans ce texte, il donne ses observations et proposition sur « une déclaration des parties prenantes malgaches ». Ce qui tend à confirmer que le cheminement de la médiation internationale conduit à « un accord politique », dont les grandes lignes seraient déjà tracées.
Sur le parvis de l’hôtel de ville, pourtant, les discours restent figés. « Nous maintenons notre position », affirment « les députés pour le changement », rapportant la teneur de leur rencontre avec l’émissaire onusien. Les élus de l’opposition qui mènent la fronde contre le pouvoir maintiennent comme préalable la démission du Président de la République et des autres chefs d’institution. Une position qui tranche avec l’ouverture à un accord affirmé par l’UA.

Un cadre de concertation sur les rails

En parallèle aux tractations des émissaires internationaux, les médiateurs nationaux s’activent, également. Le Conseil de réconciliation Malagasy (CRM), a réuni les représentants des quatre anciens chefs d’État, hier, dans les locaux de la nonciature, Ivandry. « Les participants ont affirmé leur volonté de privilégier la médiation nationale. Et que seules les élections, sont la voie pour accéder au pouvoir. Il a été conclu la mise en place d’un cadre de concertation pour rechercher un accord politique afin de résoudre la querelle politique actuelle et avoir des élections apaisées et dont l’issue sera acceptée de tous », explique Alphonse Maka, président du CRM.

Garry Fabrice Ranaivoson