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Lutte antiacridienne – La situation en phase de rémission à Toliara

Le joker 300 en pleine action.

Au vu des résultats obtenus à l’issue des deux dernières campagnes et des situations acridienne et antiacridienne, le pays entre dans la phase de rémission selon l’IFVM.

Mission presque accomplie pour l’Ivotoerana Famongorana ny Valala eto Madagasikara ou IFVM qui à son siège à Toliara-Betanimena. Dorénavant, le Centre d’éradication des acridiens peut se frotter les mains pour avoir mené à bout son combat. En effet, à l’heure actuelle, la problématique acridienne n’est plus un souci pour le pays.
« Pour la première fois dans son histoire, Madagascar entre dans la phase de rémission dans laquelle la population acridienne reste entièrement solitaire et ne constitue plus une menace pour l’agriculture. L’IFVM a assumé son engagement en relevant ce défi, malgré la difficulté de la lutte antiacridienne », précise son directeur général, Julien Mandrano. C’était lors de l’inauguration d’un terrain omnisports dans l’enceinte de la direction générale à Mitsinjo-Betanimena, en janvier.
Depuis la création du Centre, différentes stratégies ont été adoptées et ont prouvé leur succès. Pour la campagne 2016-2017 (d’octobre 2016 à avril 2017), l’opération « Angaredona » a été menée sur la base du renforcement des interventions et des moyens par rapport au degré d’infestation. Pour la campagne 2017-2018 (d’octobre 2017 à mars 2018), l’opération « Rodobe » a été optée et s’est caractérisée par la conjonction du traitement et de la prospection,
tout en évitant le regroupement acridien. Dans cette troisième campagne 2018-2019, l’opération « Savahao » est appliquée et consiste à la surveillance acridienne. De ce fait, les fouilles des recoins dans les zones de refuge doivent s’effectuer pour procéder à la lutte anti-ponte et anti-larvaire ainsi que pour traiter toute population acridienne et tout développement larvaire.

«Savahao»
Aux vues des dispositions prises par l’IFVM, trois équipes mobiles seront mobilisées pour renforcer la zone Nord. En tenant compte de la prévision météorologique trimestrielle (décembre 2018, janvier et février 2019), la possibilité de regroupement et de déplacement des ailes solitaires (Locusta) est localisée dans la zone Befandriana-Sud (plaine de Mangoky) et Edjeda (Bekily et Fotadrevo). Le renforcement de la prospection est ainsi obligatoire.
Le principe de « Savahao » est toujours maintenu dans toute zone antiacridienne. Actuellement, il n’y a plus d’espèces allochtones, car les criquets migrateurs se développant et se propageant là où ils trouvent refuge, cela renforce la grégarisation du criquet. On ne trouve que des espèces autochtones car les criquets se reproduisent dans leurs zones de provenance, ce qui traduit la phase de rémission. Cette rémission n’a pas été possible sans l’effort déployé par l’IFVM et surtout l’appui de l’État à travers le ministère de l’Agriculture, et sans la stratégie très efficace de la lutte menée par le centre afin d’éviter encore le départ de l’invasion.
Les résultats dépendent effectivement de la disponibilité des fonds et des moyens en temps voulu, de l’expérience et de la motivation du personnel. Ils dépendent surtout de la participation des paysans sous forme de «Vondron’olona ifotony miady amin’ny valala» à la lutte en tant que bénéficiaires.

Francis Ramanantsoa