Economie

Harinjaka Ratozamanana – « Le numérique n’est pas encore assez local »

Harinjaka Ratozamanana, secrétaire général du ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique.

La représentation du Numérique ou encore l’usage même des technologies ne sont pas saisis par la majorité des Malgaches. Le secteur évolue peu.

Harinjaka Ratozamanana, secrétaire général du ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique.

La transformation numérique se définit comme la quatrième phase de la révolution industrielle » dixit Harinjaka Ratozamanana, spécialiste reconnu en la matière et actuellement secrétaire général du ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique (MPTDN). Après la mécanisation, l’électricité et l’informatique, le monde vit une révolution de la transformation numérique. Cependant, le taux de pénétration d’internet fixe et mobile à Madagascar a été estimé à 6,4% en 2016 et celui de la téléphonie mobile stagne à 40%. « La représentation numérique, même sur diverses formes possibles, n’est pas assez ancrée au niveau des populations et surtout rurales. L’Economie numérique ne gagne pas de terrain non plus car le numérique ne génère pas de revenus satisfaisants pour les ménages. La problématique est accentuée par le niveau relativement élevé des prix » ajoute-t-il. « Les communautés locales aspirent à utiliser le numérique pour assouvir leurs besoins quotidiens en matière de sécurité, de santé, d’échanges commerciaux, mais le coût élevé reste un facteur de blocage éternel » continue l’interlocuteur. Harinjaka Ratozamanana, notamment connu dans la promotion de Habaka, un hub destiné à l’innovation et la communauté technologique dans le pays est même allé jusqu’à dénoncer que le désengagement de l’Etat du secteur productif des télécommunications et des TIC tarde à se concrétiser du fait de la faiblesse de la contribution du secteur privé dans le développement du secteur.
Le ministère ne devrait pas jouer le rôle d’exploitant mais de mise en place d’infrastructures, de supervision, de régulation et de règlementation.
Secrétariat d’Etat

Lantoniaina Rasoloelison suggère de continuer
sur la lancée effectuée.

Les activités de décentralisation du numérique ont ainsi tendance à se cantonner à des petites actions de saupoudrage de wifi gratuit pendant une période courte ou encore des offres promotionnelles de tarif ou de coût des supports. « Le partage de coût des infrastructures devrait se partager entre les trois opérateurs mobiles. Une condition sine qua none pour une rentabilité gagnant-gagnant » renforce le secrétaire général, qui rassure en même temps que des efforts sont engagés dans ce sens par le MPTDN. «La transformation numérique passe par ailleurs par le développement des contenus numériques compréhensibles par les communautés locales et la conception de l’usage individuel, professionnel et gouvernement, de l’effectivité de l’e-gouvernance et» insiste-t-il. Des start-up ont conçu des contenus et des contenants efficaces mais sont en attente de coup de pouce.La consommation du numérique doit ainsi être acceptée comme un outil utile au quotidien et non pas comme un caprice superflu. « Si le taux de pénétration augmente, ne serait-ce que jusqu’à 10%, cela augmenterait le PIB à quelques 2% » argumente Ratozamanana. Sa réflexion est allée jusqu’à proposer la mise en place d’un secrétaire d’Etat rattaché à la présidence, en charge du Numérique. Ceci afin de mieux conjuguer infrastructures et contenus, NTIC et communication et d’accéder à un développement numérique et par le numérique.