Océan indien

Exposition – L’île Tromelin au Musée de l’Homme

Des objets retrouvés lors des fouilles archéologiques à Tromelin seront présentés dans le cadre de l’exposition.

Le Musée de l’Homme accueille l’exposition « Tromelin, l’île des esclaves oubliés ». Il s’agit de célébrer le 70è anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Pour cette occasion, il entend ainsi célébrer ce texte universel et les droits fondamentaux qu’il énonce. Des expositions de photographies, de street art et d’histoire ponctueront la saison ouverte le 8 décembre
dernier par une exposition photo sur les déclarations de Sebastiao Salgado.
Parti de Bayonne le 17 novembre 1760, L’Utile, un navire de la compagnie française des Indes orientales, s’échoue le 31 juillet 1761 sur l’île de Sable, aujourd’hui île Tromelin. Il transporte cent soixante esclaves malgaches achetés en fraude, destinés à être vendus à l’Isle de France, l’île Maurice actuelle. L’équipage regagne Madagascar sur une embarcation de fortune, laissant quatre vingt esclaves sur l’île, avec la promesse de venir bientôt les rechercher. Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que l’enseigne de vaisseau, futur chevalier, Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, sauve les huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois.

Traite négrière

L’exposition présente les recherches historiques, archéologiques et environnementales effectuées sur Tromelin. Quatre missions archéologiques ont été menées conjointement par le GRAN et l’Inrap entre 2006 et 2013. La première a mis au jour une partie de l’habitat des esclaves et des objets de la vie courante, fournissant les premiers éléments de réflexion sur les conditions de survie. Trois bâtiments ont été découverts lors de la mission de 2008. Ils mettent en évidence une zone de vie avec de nombreux ustensiles et des restes de faune consommée (essentiellement des sternes et des tortues). Les restes de deux corps humains ont également été exhumés. Les missions de 2010 et 2013 ont confirmé la présence d’une sorte de hameau comprenant une douzaine de bâtiments, groupés autour d’une cour centrale.
À La Réunion, le musée de Stella a été le premier lieu d’accueil de l’exposition qui a entamé ensuite un tour de France, dont la présentation au Musée de l’homme à Paris est le point d’orgue.
Une partie historique aborde la traite négrière et la navigation dans l’océan Indien au XVIIIe siècle, les histoires croisées des Malgaches et des Français jusqu’au naufrage du navire l’Utile à Tromelin.
Une partie archéologique se concentre, d’après les informations obtenues lors les fouilles opérées par le GRAN et l’Inrap, avec la coopération scientifique du muséum, sur la survie, la vie et la mort des naufragés sur l’îlot, les témoins de leur alimentation, de leur artisanat, de leur organisation sociale, jusqu’à leur sauvetage.
Une partie mémorielle se porte sur la résonance de l’événement sur les mentalités au sujet de l’esclavage. Cette version adaptée au Musée de l’Homme, est marquée par plusieurs spécificités : il sera possible de voir un plus grand nombre
d’objets originaux.
© JIR