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Poliomyélite – Les enfants protégés en baisse

Le taux de couverture vaccinale a diminué dans la région d’Atsinanana. Les parents n’adhèrent pas à la cause.

Échec. Les enfants de moins de 5 ans non vaccinés contre la poliomyélite ont connu une hausse importante dans la région d’Atsinanana, lors de la dernière campagne du 6 au 8 décembre. Le seuil vaccinal recommandé qui devrait être au dessus de 95 %, n’a pas été atteint dans plusieurs districts sanitaires, selon le rapport de la direction régionale de la Santé publique à Atsinanana, hier. « Des parents ont absolument refusé de faire vacciner leurs enfants, après les rumeurs sur les vaccins anti-peste qui ont perturbé la ville de Toamasina, lors de l’épidémie de peste », a expliqué Liliane Zafindraporaka, responsable de Nutrition, de l’Information, de l’éducation et de la communication (IEC) du service de district de la Santé publique à Toamasina I.
Dans cette grande ville, le taux de couverture vaccinale a baissé jusqu’à près de 20 %. « Seulement 79 % des enfants ont été immunisés en décembre, contre 97 %, lors de la précédente campagne », précise-t-elle. À Toamasina II, 88 % des enfants de moins de 5 ans ont reçu le vaccin en décembre, contre 98 %
en avril.
Cette baisse du taux de couverture vaccinale aurait été constatée dans la plupart des districts d’Atsi­nanana. « Des responsables d’établissement scolaire n’ont pas été coopératifs. Au lieu de nous aider à convaincre les parents, ils nous ont fermé la porte au nez. Les responsables de la direction régionale de l’Éducation nationale et ceux des Circonscriptions scolaires ont dû intervenir. Lorsqu’on a expliqué aux parents l’importance de cette immunisation, ils ont accepté de faire vacciner leurs enfants », souligne le Dr Raymond Rakoto­arimanana, directeur régional de la Santé publique Atsinanana.

Menace
Des agents de santé ont été victimes de menaces et d’injures à Atsinanana. « Des parents ont été vraiment agressifs. Des responsables d’école ont refusé de nous accueillir et nous ont dit carrément que si nous insistons à faire cette vaccination, ils risquent de voir diminuer leur effectif », ajoute Liliane Zafindra­poraka.
Tous les enfants de moins de 5 ans devraient, pourtant, être vaccinés pour éviter de contracter le virus de la poliomyélite. Un seul enfant non vacciné représenterait un risque pour deux cents enfants peu immunisés.
Et le certificat « Free polio » ne sera pas atteint. Pour y remédier, le ministère de la Santé publique et ses partenaires techniques et financiers envisageraient de relancer cette campagne de vaccination les 17-18-19 janvier, dans onze régions qui ont un faible taux de couverture vaccinale, mais aussi à Antananarivo-ville où la campagne a été repoussée.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), principal bailleur dans cette lutte contre la poliomyélite, a, en outre, renforcé la sensibilisation communautaire pour persuader tout un chacun sur l’importance de cette campagne de vaccination. Des sensibilisations de proximité se tiendraient, également.

Miangaly Ralitera