Social

Santé – Les médecins contre l’emprisonnement d’un confrère

Des médecins projettent de manifester la semaine prochaine.

Des médecins se sont réunis à Tsimbazaza pour discuter de l’emprisonnement de l’un des leurs, mardi. Ils envisagent un mouvement de solidarité pour protester.

L’emprisonnement récent d’un médecin travaillant à Itaosy a tiré le Syndicat des médecins et le conseil régional de l’Ordre des Médecins à Analamanga, de leur sommeil. À l’issue de leur réunion extraordinaire à Tsimbazaza, mardi, ils ont décidé d’inviter leurs membres à signer une pétition, pour contester cet acte qu’ils décrivent comme « illégal ». « Les médecins ne sont pas au dessus de la loi. Mais des procédures n’ont pas été respectées dans la détention de notre collègue », confie une source qui a requis l’anonymat. La loi prescrit que l’arrestation d’un médecin pour des raisons professionnelles n’est autorisée qu’après avis de l’Ordre des médecins. « Mais l’ordre n’a pas été consulté. Le médecin a été tout de suite mis en prison», rajoute-t-elle.
D’autres médecins qui ont assisté à la réunion, apportent d’autres explications. «L’emprisonnement d’un médecin doit relever d’un non accomplissement de sa mission. Mais ce n’est pas le cas, cette fois. Ce collègue a accompli son travail comme il le faut, sauf qu’il n’a pas obtenu le résultat souhaité. Son patient a succombé. Dieu est le seul maître de la vie, nous ne sommes que des outils. »

Deux emprisonnements
Ils réclament une étude minutieuse des règles et de la loi qui régissent leur métier. Le Syndicat des médecins, pour sa part, revendique l’amélioration des conditions de travail, à savoir la motivation et le matériel utilisé.
Durant cinq jours, les membres vont lancer un appel au plus grand nombre de médecins pour qu’ils signent la pétition. Ils vont ensuite l’envoyer au ministère de la Justice et de la Santé publique. « Si après la déposition de cette pétition, il n’y a pas d’action, nous allons procéder à un mouvement de protestation », informe la source. La manifestation est prévue pour jeudi prochain. Ils invitent les médecins qui travaillent dans les régions à soutenir leur requête et à grossir leurs rangs.
Des médecins avouent être découragés et apeurés. Les familles des patients sont de plus en plus nombreuses à porter plainte, lorsque le résultat ne les satisfait pas, notamment si leur proche ne s’en sort pas. En seulement un mois, deux médecins auraient été écroués dans une maison carcérale. Le dernier emprisonnement aurait eu lieu la semaine passée. « On n’est plus en paix », disent-ils.