Océan indien

Présidentielle aux Maldives – Le président battu Yameen conteste les résultats

Les avocats du président battu, Abdulla Yameen, des Maldives, ont déposé un recours contre les résultats de la présidentielle devant la Cour suprême.

L’homme fort des Maldives, battu à la surprise générale à l’élection présidentielle par le candidat de l’opposition, a déposé un recours devant la Cour suprême.

Le chef de l’État de cet archipel de l’océan Indien a reconnu avec réticence la victoire de l’opposant Ibrahim Mohamed Solih par 58,4% des suffrages au scrutin du 23 septembre, alors que de nombreux observateurs redoutaient le truquage par le pouvoir en place.
Des avocats de sa forma­tion, le Parti progressiste des Maldives (PPM), ont annoncé à la presse avoir déposé un recours demandant l’invalidation de l’élection. Ils affirment que la commission électorale a manipulé le vote. « Nous avons considéré les nombreuses plaintes déposées par des partisans du président Yameen avant de décider de déposer ce recours (…) au nom des droits de ses soutiens », déclare Mohamed Saleem, principal avocat du Président. La réponse de la Cour suprême n’était pas encore connue, hier en fin d’après-midi.
« Étant donné que la transition se déroule bien et que la communauté internationale a accepté le verdict du peuple, nous ne pensons pas que la
justice suive cette demande d’annulation des résultats », estime Hamid Abdul Ghafoor, porte-parole du Parti démocratique maldivien (MDP), principale formation de l’opposition.

Controverse
Les coups de théâtre ne sont toutefois jamais loin aux Maldives: en 2013, Abdulla Yameen était arrivé au pouvoir en battant Mohamed Nasheed – premier Président démocratiquement élu dans l’histoire du pays – dans des circonstances controversées.
La Cour suprême avait annulé le premier tour, où M. Nasheed était arrivé en tête, puis repoussé deux fois le vote, laissant le temps à M. Yameen de forger des alliances. À la tête de cette micro-nation réputée pour ses plages de sable blanc et ses hôtels de luxe, il a mené durant cinq ans une répression féroce en incarcérant ou forçant à l’exil ses opposants, muselant société civile et médias.
Au début de l’année, mécontent d’une décision de la Cour suprême qui cassait les condamnations litigieuses d’opposants, le Président avait imposé quarante cinq jours d’état d’urgence. Après une série d’arrestations, parmi lesquelles deux juges de la Cour suprême, Abdulla Yameen avait obtenu de l’instance judiciaire qu’elle revienne sur sa décision.
Fustigé pour sa poigne de fer par l’Union Euro­péenne, les États-Unis et l’Inde, M. Yameen s’est rapproché de la Chine.

© AFP