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Antananarivo ville – L’enlèvement des ordures devient hypothétique

Les ordures jonchent les rues dans plusieurs quartiers de la capitale.

L’assainissement de la ville d’Antananarivo est délaissé. Les ordures s’accumuleront encore pour un moment.

Nous sommes à Paraky, dans un quartier du quatrième arrondissement de la commune urbaine d’Antananarivo. Les ordures débordent à plus de trois mètres du bac placé au bord du canal d’Andriantany. « Cela fait plusieurs jours que les camions ne sont pas passés ramasser ces ordures. Nous commençons à suffoquer sérieusement de l’odeur nauséabonde émanant de ces déchets », interpellent les habitants. Cet entassement est remarqué depuis plusieurs semaines, dans plusieurs quartiers de la capitale. C’est le cas à Ankadifotsy, aux 67 Ha, à Anosibe, à Andravoahangy, à Isotry, à Andraisoro, à Ampasampito, à Analakely ou encore à Anosizato.

Ce n’est pas pour bientôt que ce problème va être réglé. Le Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo (Samva) rencontre un problème logistique sérieux, depuis près de deux mois.
La convention avec les prestataires, achevée en août, n’est pas renouvelée jusqu’à présent. Ce qui les empêche de ramasser régulièrement les ordures. « Nous ne pouvons pas signer une convention de partenariat avec des prestataires, en ce moment. Les procédures pour le renouvellement de contrat traînent. Tous les marchés publics seraient concernés par ce problème de procédures », informe Sitra­kantenaina Ny Andrianan­drasana, responsable de communication auprès du Samva, hier.

Camionnettes
Il n’y a qu’une dizaine de camionnettes qui assurent l’acheminement des ordures vers le site de décharge à Andralanitra, actuellement. « Seuls les prestataires qui acceptent de travailler avec les conditions actuelles, ont cédé leurs véhicules pour assurer les tâches », rajoute Sitrakantenaina Ny Andria­nan­drasana. La magistrature de la ville d’Antana­narivo tente également, de vider les bacs avec ses « pauvres » moyens à bord. Malheureusement, cela ne suffit pas, les quartiers de la capitale s’encombrent de montagnes d’ordures. Et ce, malgré l’opération coup de poing tant médiatisé par l’État, fin septembre et début octobre.
Quelques semaines après ce grand assainissement de sept jours et sept nuits, dans le but de débarrasser la ville de ses ordures, la situation revient à son état d’avant. L’État ne semble pas être préoccupé par ce problème. Alors que la saison pesteuse bat son plein.
Le Bureau municipal de l’hygiène (BMH) à Isotry affirme l’inexistence des cas suspects à Antananarivo, jusqu’ici. Mais cela ne va pas tarder à survenir si des mesures ne sont pas prises dans l’immédiat. Cette insalubrité est la condition optimale pour attirer les rats, vecteur de la bactérie Yersinia pestis, près des habitations et la transmettre aux hommes.