Notes du passé

Une politique de comptoirs axée sur la traite d’esclaves

«Au XVIIIe siècle, la réussite de la colonisation française dans les Mascareignes explique la reprise des tentatives d’occupation à Madagascar en 1724, et la disparition des
derniers », rappellent les livres d’histoire de Madagascar.

Les Mascareignes, à savoir Bourbon (La Réunion) est occupée depuis 1642, l’ile de France (Maurice) après 1721, et Rodrigue par la suite. Une politique de comptoirs se développe sur le littoral Est, axée sur le commerce de riz et d’esclaves indispensables aux Mascareignes.
« Les anciens établissements français connurent au milieu du siècle un certain renouveau et la reine Bety donna Sainte-Marie à Louis XV. »
Par la suite, une politique de colonisation réelle reprend, sous l’impulsion de deux grands personnages mandatés par la Cour de France. Le premier, le comte de Maudave, a toujours rêvé de devenir une sorte de monarque éclairé « au sens philosophique du terme », dans la Grande ile. Il n’arrive pas à se maintenir trois ans à Fort-Dauphin, entre
septembre 1768 et février 1771.

Le second, le baron polonais Benyowski, fonde au début de 1774, Louisbourg, un établissement « très modeste » dans la baie d’Antongil. « Il prétendit même avoir établi les bases de la conquête et de l’aménagement futur de Madagascar.»
Rapatrié en France en 1776, ce « personnage fantasque » parvient à revenir dans la baie d’Antongil. Il s’oppose aux opérations des commerçants chargés de ravitailler les Mascareignes. Il est vaincu et tué après dix années de lutte et « son imaginaire puissance impériale disparut en même temps que lui ».
Après 1776, les Français reviennent à l’exploitation des comptoirs et les principes de la Révolution ne modifient en rien leurs activités. Les établissements français de la côte orientale, permettent aux Mascareignes de se ravitailler tant bien que mal jusqu’au début du Blocus continental.

« Malgré les efforts de Sylvain Roux qui anima la résistance des garnisons de la côte malgache, après la reddition de La Réunion et de Maurice en 1810, les Anglais s’emparèrent des établissements français. » Après la chute de Foulpointe, Toamasina se rend aussi.
Les colons européens, installés sur les côtes, pénètrent rarement à l’intérieur de Mada­gascar. À l’Ouest, les vastes espaces steppiques et déserts découragent les plus audacieux. « On ignorera probablement toujours quels Robinsons ont construit dans l’Isalo, la fameuse grotte que l’on désigne, à tort ou à raison, comme étant la Grotte des Portugais » (Histoire de Madagascar de 1967).
À l’Est, la remontée de la falaise est difficile à cause du relief escarpé et de la forêt dense hostile. Des pistes traditionnelles, très pénibles, traversent cependant des territoires qui
appartiennent à des groupes puissants et belliqueux qu’on ne peut éviter. De rares Européens se risquent néanmoins à l’intérieur de la Grande terre.
Ces expéditions sont relativement peu nombreuses. François Cauche a, sans aucun doute, parcouru le Sud et une partie de la côte Est avant l’arrivée de Pronis, en 1642. Angeleaume, en 1648, part de Fort-Dauphin pour le Betsileo et participe aux luttes intestines qui opposent les Arindrano aux Vohitsa-Angomby. Il reçut également le Betsileo septentrional par la vallée de la Mananara, le fossé de Iakaro et le seuil d’Ihosy. « Prince de Manantenina par son mariage avec une princesse malgache, reconnu par les groupes de la côte, il préserva le Fort-Dauphin agonisant de la pire fin. Ayant rêvé de subjuguer entièrement la Grande ile, il s’éteignit en 1671. »
Enfin, une voie d’accès vers l’Imerina passé par la marche sihanaka, c’est-à-dire par les pays du Maningory et de l’Alaotra. Par cette piste, en 1667, le marchand français François Martin essaie de gagner les Hautes terres pour y acquérir des bœufs et du riz. « La résistance armée des Sihanaka l’empêcha de dépasser les rives orientales du lac. Ce fut un cuisant échec ! »

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