Culture

Festival Gasy Bulles – « Défoulement graphique » conjugue slam et BD

Le point fort de la 14e édition du festival Gasy Bulles demeure « Défoulement graphique», qui a enchanté le public de l’Alliance française d’Antananarivo, samedi.

Festif et convivial. Un concept exclusif à travers lequel l’Alliance française d’Antananarivo (AFT) émerveille le public de la capitale depuis cinq ans maintenant. La soirée
« Défoulement graphique », qui rentre dans la programmation du festival national de bande dessinée Gasy Bulles, s’est redécouverte, samedi.

Se présentant sous la forme d’un « BD Concert », autrement dit un spectacle qui mélange prestation musicale et illustrations en direct, ce rendez-vous à l’AFT Andava­mamba a, pour cette fois, ravi un public féru de slam-poésie, puisqu’aux côtés des bédéistes du festival Gasy Bulles, le groupe Caylah&Men était en tête d’affiche.
C’est vers 19 h que le rideau s’est levé pour ce qui sera un concert chaleureux et riche en créativité. Le fait est que si d’un côté, à travers ses textes, la slameuse Caylah convie le public à s’immerger dans son imaginaire, de l’autre, les bédéistes laissent la part belle à leur imagination pour retranscrire en dessins l’univers même de l’artiste. Le tout sublimé par le talent de Tony aux percussions et Fetra à la guitare, qui accompagnent en musique Caylah au slam. « C’est un plaisir d’être avec vous en cette soirée, amusez-vous et profitez aussi du talent de nos dessinateurs », affirme-t-elle en entamant le concert.
Enchaînant alors un à un ses textes, Caylah scande principalement l’amour sous toutes ses formes. On parle de patriotisme, d’amour maternel, mais aussi de cette relation passionnelle entre l’homme et la femme.

Ambiance festive
Un brin féministe, la slameuse s’est surtout plu à déclamer le courage de la femme. C’est avec « Viens, je t’amène chez moi » que Caylah ouvre le bal en guise de bienvenue au public. « Allez, viens, je t’amène chez moi, là où les différences n’existent pas, que tu sois riche ou bien pauvre, que tu sois esclave ou bien noble. Viens, je t’amène chez moi, là où les titres n’existent pas, que tu sois fonctionnaire ou bien président, que tu sois ouvrier ou bien patron. Allez, viens, je t’amène chez moi », scande-t-elle alors.

De quoi bien inspirer le jeune dessinateur Julio Takagi dont l’illustration accompagnant le texte se découvre peu à peu projetée sur l’écran géant qui orne la scène. À travers les mots et les récits de Caylah, le dessinateur éveille son imagination pour représenter au final le texte par une maisonnette chaleureuse dans une forêt paisible où il fait bon vivre.

Les textes se suivent et enthousiasment l’auditoire à l’AFT Andavamamba, de « Madagascar » avec lequel elle évoque les méandres de la société à « Malala adala » avec lequel elle pointe du doigt la violence conjugale. De même, les jeunes dessinateurs, qui sont membres des associations Tantsary et Randratsary se relayent au fur et à mesure que les textes s’enchaînent pour les immortaliser. Vers la fin, c’est avec « Viani » que la slameuse festoie avec le public qu’elle invite à danser sur les rythmes du terroir. Elle affirme « J’ai 4 ans, je m’appelle Viani et je rêve de devenir institutrice. Moi qui n’ai jamais connu l’école, n’ai jamais tenu de crayon ni de papier, je n’avais qu’un bâton et une plage sablée pour dessiner ». Ce texte qui raconte l’histoire d’une petite fille du Sud aux rêves et à l’optimisme enchanteurs, que le dessinateur Heri Shinato illustre par un portrait dynamique et abstrait.

Gasy Bulles et ses expositions sont encore à découvrir jusqu’au 16 juin.