Editorial Opinions

Parvis perdu?

La crise aborde sa quatrième semaine. Le président de la République est toujours en place malgré les demandes insistantes des partisans de soixante treize députés dans les manifestations quotidiennes sur le parvis de l’hôtel de ville. Hery Rajaonarimampianina semble bien s’accommoder de cette guerre d’usure. Il s’y complaît même. L’arrivée des médiateurs internationaux a remonté son moral et l’a certainement revigoré. On voit donc mal désormais la Haute Cour Constitutionnelle donner raison aux soixante treize députés dans leur espoir de voir le Président destitué. Si le monde entier est là, c’est justement pour empêcher un coup d’Etat quelle que soit sa forme. Militaire, institutionnelle ou de la rue. À quoi bon envoyer des médiateurs si c’est pour prononcer la déchéance du Président.
Le… parvis est donc perdu d’avance pour ceux qui comptaient prendre le pouvoir sans passer par un coup d’État militaire. C’est d’autant plus certain que la HCC avait déjà statué sur la déchéance du Président en 2005. Elle n’a pas à juger la même affaire deux fois avec deux verdicts différents.
Que va t-il donc se passer après le prononcé de la décision de la HCC ? Par quel moyen les manifestants du parvis de l’hôtel de ville parviendront-ils à dégager le Président de son palais ? À moins de recourir à la force, ou d’accabler le Président avec de nouveaux martyrs sous les bras à l’issue d’une marche vers le palais d’Etat d’Iavoloha comme certains projettent de le faire demain, ils seront obligés de négocier pour trouver une sortie à la crise.
En outre, il est indéniable que la manifestation s’est un peu essoufflée ces derniers temps. Raison pour laquelle les meneurs racolent les employés des ministères, des étudiants, des lycéens et des collégiens. Une entreprise exécutée avec fortes menaces qui ont fini par décrédibiliser le mouvement. Les députés se sont discrédités eux-mêmes dans leur manière de faire et de traiter les autorités. Des futurs dirigeants qui aspirent au changement ne doivent pas faire pire que ceux qu’ils veulent chasser du pouvoir. Que dire d’une fameuse mpiandry qui débite de la haine et du mépris à chaque mot qui sort de sa bouche.
Il est vrai que chaque jour que Dieu fait, il faut faire preuve de créativité et d’ingéniosité pour maintenir l’attention et l’intérêt de la foule. C’est ainsi que certains sont tentés de faire un remake du carnage d’Iavoloha il y a 27 ans. Si la HCC acquitte le Président, la marche vers l’abattoir passera de l’etat de projet à la concrétisation. L’objectif est de souiller davantage les mains du Président avec des inno…sangs expédiés dans une zone rouge par excellence qu’est un palais présidentiel où les gardes n’ont pas besoin de faire de sommation en cas d’attaque. C’est le seul moyen de donner un second souffle au mouvement. Mais il y aura toujours des candidats à… l’éviction présidentielle.

Par Sylvain Ranjalahy

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