Laconisme

Parfumé à l’amour

L’année 2019 n’aura pas été l’exception à la règle : pendant une semaine, un air d’eau de rose, mélangé et perverti par la pollution née des relents commerciaux présents en permanence, flotte. L’amour, l’un des plus grands mystères, à la nature aussi insaisissable qu’hypnotique et fascinante, est plus que jamais au centre de notre quotidien.
L’histoire est factrice de changements. Malgré les mutations qu’il laisse sur son passage, le cours de l’histoire a laissé au moins deux notions régner en maîtres : la haine et l’amour. Car l’amour est cette constante immuable, qui traverse les différentes modes et qui reste une nourriture appréciée de la littérature : des tablettes d’argile de l’écriture cunéiforme à la célèbre trilogie écrite par E. L. James en passant par les épopées de Virgile, d’Homère, la tragédie grecque ou Shakespeare, … L’amour a grandement (c’est un euphémisme) contribué à la richesse du patrimoine littéraire mondial.
Preuve de son caractère inaltérable et inusable : la résistance des modèles de l’idéal amoureux aux dures lois du passage de la puissante gomme temporelle qui n’a aucune pitié pour le passé qu’il tue par le piège du présent. Des siècles plus tard, si Roméo et Juliette, Tristan et Iseut et autres Darcy et Elizabeth Bennet ou Rhett Butler et Scarlett O’hara sont toujours des références, c’est que l’amour dont ils sont les inamovibles représentants, reste l’une des constantes stables de cette vie remplie d’évanescences. Toutes les générations partagent au moins cette expérience : l’émotion suscitée par certains destins tragiques de ces amoureux de légende. « Ah, jamais il n’y eut d’histoire plus tragique. Que celle de Juliette et de son Roméo ! » c’est par ces tristes mots prononcés par le Prince de Roméo et Juliette que se conclut la pièce de Shakespeare.
L’amour ne périt jamais, écrivait Paul de Tarse. Il est toujours cette patience, alliée de la fidélité qui défait sans cesse l’ouvrage de
Pénélope dont la fin signifiait un remariage, qu’elle parvient ainsi à éviter tout en s’affligeant dix années d’attente satisfaite le jour du retour de son mari Ulysse. L’amour demeure ce coup de foudre qui porte un coup fatal au raisonnement, faisant dire à des Grieux, complètement sous l’emprise de Manon Lescaut : « Elle pèche sans malice, […] elle est légère et imprudente, mais elle est droite et sincère. Ajoutez que l’amour suffisait seul pour me fermer les yeux sur toutes ses fautes. »
Et avec lui, sa face sombre jouit aussi d’une compréhension universelle. L’histoire d’Othello qui tue Desdémone à cause d’une jalousie injustifiée trouve encore, au XXIe siècle, ses semblables. Qu’on continue à partager avec nos ancêtres ce sentiment qui est à l’amour ce que l’hypocondrie est à la santé et qui a déjà sûrement oppressé les hominidés qui ont peuplé la terre avant la naissance de l’histoire, est une des manifestations de ce caractère invariable de l’amour.
De tout temps, l’amour a toujours été omniprésent : il n’est ni le phénomène d’une saison ni d’une période à plus forte raison d’une semaine ou d’une journée qu’on lui consacre. L’amour est partout et à tout moment.

par Fenitra Ratefiarivony

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