Texto de Ravel

Le poste de chef de l’opposition : à supprimer ?

Le poste de chef de l’opposition n’a pas été occupé en 5 ans de présidence Rajaonarimampianina. Le président Andry Rajoelina est aussi parti pour, non pas 100 jours de grâce, mais aussi 5 ans, voire plus. Après tout, le citoyen malgache, la société civile, la société civile d’Etat (CNIDH, HCDDED), la communauté internationale, depuis 2011, est davantage contre l’opposition que contre les tenants du pouvoir.
Cette fois-ci, le Parlement et certainement la HCC autorisent le président de la République à faire la loi sans aucun objet déterminé. Apparemment, il n’y aura pas de leader de l’opposition avant les législatives et les citoyens ne coaliseront pas pour avoir des candidats députés d’opposition avant la campagne pour l’Assemblée nationale.
Le citoyen, la société civile, la HCC, les vazaha (lire le Pr.Etienne Leroy), auront un autre argument : comme il n’y a pas d’Assemblée nationale, il ne peut y avoir de vice président (poste du leader de l’opposition). Or, on vote pour un chef de l’opposition d’abord. Il est chef d’institution ensuite et seulement après vice-président de l’Assemblée nationale. Soit !
Une fois au Parlement, il y a de fortes chances que tous les élus, même les soit-disant indépendants, se rallient au pouvoir comme en 2014. De toutes façons, difficile de lutter contre la puissance financière et la supériorité idéologique actuelle.
Cette loi a été faite par Andry Rajoelina pendant la Transition et avant le gouvernement de consensus avec les mouvances Ravalomanana et Zafy de 2011. Aujourd’hui, Andry Rajoelina est président de la République. Il peut très bien supprimer cet article 14 de sa propre Constitution et cette loi, si ce statut n’est pas déjà un autodafé. De toute façon, il veut réviser la loi fondamentale et ce sera un bon moment.
Mais si le président Rajoelina veut tout de même garder cette loi sur l’opposition, applicable même si perfectible, qu’il sache qu’elle est l’une des meilleures au monde.
En droit :
– elle permet de réduire l’inégalité financière entre les tenants du régime et la minorité,
– elle permet à l’opposition d’avoir accès aux médias officiels. Important quand quatre grands patrons de presse sont au gouvernement (Lalatiana Rakotondrazafy, Naina Andriantsitohaina, Hajo Andrianainarivelo et le président de la République Andry Rajoelina lui-même).
– elle permet à l’opposition de compter parmi les membres permanents de la Commission électorale indépendante (Ceni),
En politique :
– elle bipolarise le jeu. En effet, elle réduit à néant les pseudos indépendants et cette pléthore de partis politiques,
– elle sert de bonne conscience aux tenants du pouvoir, etc. (Cf. « Le statut de l’opposition : un mal nécessaire », L’Harmattan).
Enfin, il est vrai, sans chef de l’opposition de 2014 à 2018, aucune classe politique nouvelle n’a pu émerger et les quatre anciens dirigeants de Madagascar ont pu revenir sereinement dans la course à la présidence de la République en 2018. Les scrutins ont été qualifiés par les citoyens, la société civile, la communauté internationale, le Bianco et le Samifin comme étant libres, véritables, sincères, intègres et transparents. Ce serait même un cas unique avec cette passation démocratique dans une alternance. Et si certains trouble-fêtes comme TI-ou la Sefafi parlent d’impunité, Hajo Andrianainarivelo leur répond : « La justice a été rendue par le vote des Malgaches » (Jeune Afrique 1er janvier 2019).

par Toavina Ralambomahay

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