Politique

Insécurité – L’armée à l’épreuve du terrain

Le ministre de la Défense nationale, le général Richard Rakotonirina, a participé à cette dernière descente dans les rues de la capitale. 

Des éléments de l’armée patrouillent dans Antananarivo et ses environs. Une initiative de dissuasion et pour rassurer la population, selon les explications.

Dissuader et rassurer. Ce sont les mots d’ordre de la stratégie de sécurisation appliquée à Antananarivo. Une stratégie dans laquelle s’impliquent de manière active les trois corps au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS). L’armée, notamment, sort des casernes et patrouille sur terrain.
Depuis quelques jours, en effet, des patrouilles d’élé­ments de l’armée sont obser­vées dans la capitale et ses environs. Un fait singulier qui a intrigué. Selon les explications, il s’agit « de la mise en œuvre de la procédure d’alerte dans la ville d’Antananarivo et ses alentours (…) en vue de restaurer un climat de sécurité et mettre fin aux actes de banditisme ». Les régiments sis dans la capitale sont ainsi, affectés à des points considérés comme sensibles.
À partir de 17 heures donc, leurs hommes y effectuent des « patrouilles de proximité », et effectuent une présence dissuasive. « Ils peuvent participer à la poursuite de malfaiteurs en cas de flagrant délit et les remettre au poste de la gendarmerie le plus proche, ou prêter main forte à la gendarmerie ou la police lorsque cela s’avère nécessaire », explique le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale.

Rétablir l’ordre
Ces patrouilles militaires ont, par ailleurs, également pour ordre « d’interpeller les militaires non règlementaires ainsi que les civils portant des uniformes appartenant aux forces de l’ordre ». Questionné sur cette descente sur terrain de l’armée, surtout dans la capitale, le ministre Rakotonirina explique qu’il s’agit d’une des innovations dans la stratégie qui consiste à remettre la main sur la situation sécuritaire.
« Face à la situation, les militaires ne peuvent plus se contenter de rester dans les camps », ajoute le ministre de la Défense nationale, qui a accompagné une patrouille dans la nuit de samedi, à Namontana. La deuxième depuis la mise en œuvre de la stratégie. En conseil des ministres, jeudi, il a été dit qu’« il est impératif de renforcer la présence de l’autorité au sein de la société (…) il faut déployer tous les moyens disponibles ».
Parmi les points de la stratégie décidée durant le conseil, il y a la mobilisation et la coordination de toutes les forces de l’ordre pour la mise en place d’un système de quadrillage des villes « particulièrement, la nuit ». La vue de militaires patrouillant à Antananarivo, est, toutefois, quelque peu déconcertante. Cela est considéré par certains observateurs comme révélateur de la gravité de la situation sécuritaire.
« Cela veut dire que la politique sécuritaire entre dans une logique de rétablissement de l’ordre. Que les forces de maintien de l’ordre ne suffisent plus », opine une source contactée. L’objet de la mission des patrouilles militaires est, effectivement, de restaurer un climat de sécurité. Le communiqué du conseil des ministres rapporte que la situation a été qualifiée « de véritables opérations commandos en pleine ville et des actes de terrorisme dans nos campagnes (…) ».
N’étant pas à la base formée pour des missions de police et de maintien de l’ordre, les militaires qui prennent part aux patrouilles sont soumis à des règles de conduite et de mission strictes. « Aucune action de feu ne sera engagée en cas d’imbrication avec la population pour éviter les effets collatéraux », édicte, notamment, cette règle. Les avis des citoyens, par ailleurs, sont mitigés sur cette entrée en scène de l’armée dans la sécurisation urbaine.
Désabusée par l’ampleur et la violence de l’insécurité, une partie des citoyens lambda craint que cette présence militaire sensée être dissuasive ne soit un nouveau pétard mouillé. Qu’une fois cette opération terminée, les actes de banditisme reprendront. « L’État fait de la lutte contre l’insécurité une priorité. Nous sommes soumis à une obligation de résultat. Il ne s’agit que d’un début », rassure, toutefois, le ministre de la Défense nationale.

 

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  • Ils doivent bien travailler et prendre cette charge à cœur parce que sa dépend d’eux notre insécurité et si cela n’est pas régler au revoir le Dvpm!! Travaillé sans corruption fera aussi l’affaire !