Notes du passé

Le site archéologique de Talaky sur les rives de la Manambovo

Des débris d’équipement de pêche retrouvés sur le site archéologique de Talaky.

«L’archéolo­gue Pierre Vérin a bien montré que Vohémar et Mahi­laka sont des foyers d’islamisation où s’accomplissent des brassages africano-malgaches », peut-on lire dans l’Histoire de Madagascar de 1968, destiné aux lycéens des classes Terminales.
À Mahilaka, dans le Sambirano, des poteries prouvent une présence humaine du XIe au XVIe siècle. De plus, il est noté les vestiges de l’Irodo et de Sambirano « où l’occupation semble s’être prolongée pendant cette période ».
La nécropole de Vohémar et Langany (baie de la Mahajamba, Boeny, dépendant de Langany) attestent la vitalité du commerce dans les établissements du Nord-est et Nord-ouest de l’ile. « Il est même possible que l’activité de Vohémar ait été plus tardive. »
Au Sud, le site de Sarodrabo, proche de Toliara, est peut-être « le témoin des origines de l’occupation de la façade maritime Vezo».
Ces premiers résultats peuvent paraitre faibles, mais dans les années 1950, les documents archéologiques ne sont guère nombreux. Mais rapidement, le rythme des découvertes s’accélère de manière notable.
« Il n’est pas impossible que des régions mal explorées- les régions peu peuplées en particulier, ou mal connues- révèlent des sites et enrichissent assez rapidement nos connaissances. »
Les auteurs de l’ouvrage d’histoire évoquent les récentes découvertes de René Battistini dans la région de Mananara et de Dandoy dans le pays sihanaka. Ils espèrent alors que ces régions situées au sud de la baie d’Antongil sur la façade orientale de l’ile apportent des données nouvelles.
Ils présentent aussi en particulier le site archéologique de Talaky où, selon eux, « une tribu protohistorique vivait dans le Sud de l’Androy vers l’an 1100 après Jésus-Christ ».
Le géographe René Battistini découvre, en effet, sur la côte sud de l’Androy, à l’embouchure de la Manambovo, des traces d’un habitat ancien. Les premières opérations du site archéologique sont menées par Pierre Vérin et René Rason.
Dans leur description, le site domine la lagune qui s’étale à l’embouchure de la rivière. Trois zones de restes montrent l’emplacement des hameaux, petits groupements de sept à dix cases, de part et d’autre de la rivière Manambovo, non loin du village actuel de Talaky.
On y voit des tumulus, tas de débris « vaguement rectangulaires » avec une longueur de 8 à 10 mètres et une largeur de 2 à 3 mètres. Ils contiennent des débris de poteries, de coquillages, des débris très nombreux d’œufs d’Aepyornis.
Malheureusement, aucune poterie complète n’est découverte sur le site, mais les débris, les morceaux « portent des décorations (points, lignes) et même des anses ».
Poursuivant leur description, les deux scientifiques indiquent que trois types de pesons sont trouvés. Ils devaient servir à lester les lignes ou les filets de pêche des Talakiens. « Des hameçons de fer, un harpon, une lame de couteau de 4 cm de long, également en fer, ont été recueillis. »
En particulier des cuillers taillées dans un coquillage, des débris de cuisine (coquillages, arêtes de poissons, coquilles brisées d’œufs d’Aepyornis et même quelques os d’oiseaux qui ne sont pas des Aepyornis).
Il est à préciser que, selon les deux scientifiques, les problèmes que pose cette découverte aux savants, sont nombreux. À commencer par l’âge du site. Une analyse détermine, à 80 ans près, une ancienneté de 840 ans. « Les Talakiens vivaient vers 1100 après Jésus-Christ».

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