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Journée de l’assainissement – Une opération à institutionnaliser

La journée de l’assainissement d’hier a rencontré un succès mitigé. Seulement, la plupart s’accorde à dire que l’opération ne devrait pas être qu’un évènement d’un jour.

À refaire. Une opération à insti­tu­tionnali­ser, à l’instar de ce qui se fait dans l’un de nos pays voisins en Afrique, comme l’a indiqué hier Edgard Razafindravahy, chef de file national du parti Antoka sy dinan’ny Nosy – Arche de la nation (ADN). Dans l’ensemble, ceux qui se sont exprimés sur la journée nationale de l’assainissement d’hier s’entendent sur le fait que la propreté et la salubrité devraient être une tâche quotidienne de chaque individu.
« Le respect de la propreté et l’assainissement doivent être considérés comme un devoir par tout un chacun au quotidien », est le message de Hery Rajaonarimampianina, président de la République, qui a pris le balai et la pelle pour l’assainissement du fokontany de Fiadanamanga, près du palais d’État d’Iavoloha. Même son de cloche du côté du palais d’État de Mahazo­arivo, où Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, et le personnel de la Primature ont courbé l’échine au nettoyage.
Lalao Ravalomanana, maire d’Antananarivo, qui a marqué la journée de l’assainissement avec l’équipe de la commune dans les environs du fokontany d’Andre­fan’i Mananjary, a, elle aussi, mis l’accent sur cette responsabilité citoyenne. « La propreté est la responsabilité de chaque individu. Il ne faut pas juste rejeter la faute sur les autorités », a-t-elle déclaré.
Décréter une journée nationale chômée au motif de l’assainissement semble absurde de prime abord. Seulement, l’état d’insalubrité du pays a atteint un niveau inqualifiable. Certains endroits officiels tels que certaines institutions et la plupart des ministères, entre autres, sont à l’image de cette malpropreté généralisée. L’épidémie de peste urbaine, où la saleté ambiante a, en partie, été un catalyseur, a visiblement été un électrochoc.

Mode de vie
Toutes les institutions et entités publiques ont joué le jeu de l’assainissement national. Pareillement pour certaines entreprises privées. D’autres ont pourtant passé outre le décret de journée chômée dédiée à l’assainissement. Dans les rues de la capitale, les marchands ont toujours été à leurs postes. En fin de journée, les détritus de carton, de tissus, de cellophane et d’aliments laissés par les marchands de rue se sont amoncelés, toujours sur les bords des trottoirs.
Des coins de poteaux étaient toujours souillés par les déjections urinaires des passants. Ce qui pourrait indiquer que nombreux citoyens n’ont pas encore intégré dans leurs mœurs, la propreté et la salubrité. L’assainissement a pourtant un grand enjeu d’intérêt public, non seulement pour la santé, mais aussi sur le plan écologique et même économique. C’est justement pour parvenir à une imprégnation de tous de cette culture de la propreté et salubrité qu’Edgard Razafindravahy a mis l’accent sur la continuité des actions d’hier.
« C’est une initiative louable. Tout le monde se plaint de l’insalubrité, mais il faut aussi mettre la main à la pâte. C’est aussi une manière de préserver l’environnement, et de passer des moments conviviaux entre collègues ou voisins. Du temps où j’ai dirigé la commune d’Antana­narivo, le slogan était “constamment propre”. Pour qu’à l’instar d’autres pays, cela devienne un mode de vie, je crois que ce n’est qu’un commencement », a soutenu le chef de file du parti ADN qui a mis la main dans le cambouis, au milieu de la grande famille du groupe Prey à Ankoron­drano.
Répéter l’exercice deux ou trois heures, au moins une fois par mois, devrait amener toutes les entités qu’elles soient publiques ou privées, à s’y engager. Cela, en impliquant d’une manière active les Fokontany. À force de répétition, tous les Malgaches devraient s’imprégner de l’habitude de nettoyer. Et l’habitude pourrait devenir une culture de la propreté qui fera de Madagascar, actuellement parmi les pays les plus insalubres au monde, l’un des plus propres. Un idéal qui, à force d’actions communes, est parfaitement accessible.

Garry Fabrice Ranaivoson