Economie

Transport Maritime – Le port de Vohémar au bord de l’étouffement

Les conteneurs s’entassent aux quais en attendant les alternatives des opérateurs du port.

Unique voie de sortie et d’entrée de marchandises pour la région Nord, le port de Vohé­mar tombe en déclin. Les opérateurs économiques œuvrant dans la zone haussent le ton.

Saturé, le port d’Iharana, plus connu sous le nom de Vohé­mar devait, à la base, servir de pilier de croissance économique pour la région Nord de l’île. Cependant, la vétusté des infrastructures de ce simple port de cabotage cause aujourd’hui le déclin d’un lieu qui chiffre près de dix milliards d’ariary annuels de recette douanière. Une performance engendrée par la collaboration effective des opérateurs locaux qui ont été incités à renforcer leurs opérations douanières sur place plutôt que de se déplacer à Toama­sina ou Antananarivo. Le 3 octobre dernier, un groupement conjoncturel, constitué d’opérateurs écono­miques, de commissionnaires en douanes ainsi que de transporteur hausse le ton par rapport à la situation de blocage sévissant au port.

Dans une lettre officielle adressée au ministère du Transport et de la météorologie, le groupement explique que « l’unique et vétuste élévateur porte-conteneur du port est tombé en panne depuis la mi-septembre. Il en résulte une incapacité totale pour les usagers d’effectuer l’enlèvement des marchandises conteneurisées ». Une situation que les usagers de ce port subissent fréquemment depuis presque deux ans à cause de l’insuffisance de matériel du concessionnaire du port de Vohémar qui n’est autre que la société de gestion du port d’Iharana ou SGPI. Suite à cette incapacité en matière de fonctionnement, les problèmes au niveau des chargements et des déchargements des navires sont devenus monnaie courante.

Surcharge
« Les opérateurs économiques de la Sava se voient privés de leurs marchandises et se retrouvent à payer d’énormes frais de magasinage et surestaries, à cela s’ajoute les avaries qui surviennent sur les conteneurs de denrées alimentaires », confie un usager du port. À cause de l’état des infrastructures routières composant la RN5A reliant Ambilobe à Vohémar, l’acheminement des marchandises par voie maritime reste la meilleure option pour les opérateurs dans cette zone du pays. Ce qui fait du port de Vohémar un élément primordial pour le développement de la région. Dans une tentative de résolution de ce blocage, de nombreuses réunions de la commission consultative des usagers et opéra­teurs du port de Vohémar (CCUOP) ont été effectuées sans succès. Selon ces opérateurs,
« un navire avec quelque deux cents conteneurs prévu toucher le port à la fin du mois dernière a été contraint de retourner à l’île Maurice à défaut d’infrastructure d’accueil sans réaction de l’administration locale ».

Une façon pour ces opérateurs de souligner le non-respect du cahier des charges imposé par l’agence maritimie porturaire et fluviale (APMF) de la part de la société de manutention du port. Un cahier des charges qui exige, pour ce genre d’opérations au moins trois élévateurs à conteneurs alors que le seul existant dans le port est hors service depuis près d’un mois.