Texto de Ravel

Quand les rats s’exclament

Quand les rats s’exclament : « merci seigneur pour ce repas que tu nous as donné ». Depuis des jours et des jours, ils festoient de plus belle. Les montagnes d’ordures et d’immondices sont superbement étalées dans tous les recoins de la ville. Et chaque matin et soir, les Tananariviens viennent servir encore et encore les bacs à ordures. Quelle joie, car même ces bacs ne peuvent plus contenir toutes ces choses pour les rats et croulent littéralement sous les « cadeaux ». Noël avant l’heure ! La pluie vient à point pour pétrir ces monticules qui sentent l’infection à des mètres aux environs.
Point de hasard, les rats bien engraissés font des petits qui grandissent vite, vu la profusion de nourriture servie sur la table des bitumes de nos routes (les restes de nos routes car presque la moitié est envahie par les détritus). Ils sont la star des médias et on parle même d’eux dans les palais des gouvernants. La peste est à la mode. Une fois de plus, point de hasard même si la communication institutionnelle veut nous farcir de fausses nouvelles d’une manière alarmiste. Des ordures bien en masse nourrissent des rats bien en forme. Depuis la nuit des temps, on savait que rat rime avec peste et que peste avec la saison des pluies devient ingérable. Une formule millénaire mais qui ne fait apparemment pas tilt dans la tête de certains.

Il n’y a non plus aucun miracle dans l’affaire. Si c’était une équation mathématique simple, on saurait donc que la solution à trouver réside dans le facteur premier du problème : les ordures. Quand les ordures sont bien gérées, les rats sont gênés, la peste disparaît. Pas besoin non plus d’avoir un doctorat en santé publique ou être consultant international pour arriver à cette conclusion. Mis à part ces petites bêtes, d’autres maladies viendront d’ici une à deux semaines : les difficultés respira­toires pour les petits et grands, les allergies, les problèmes oculaires. Avec les pluies qui commencent à tomber, les diarrhées et autres maux liés à l’insalubrité des eaux commenceront aussi à apparaître. Encore heureux que ce ne soit pas encore la période des litchis. Les mangues sont, par contre, déjà sur les étals. Avec la chaleur, la pluie et les mouches, la putréfaction de ces tas d’ordures ira très vite.

Blague à part, il y va de la santé d’une population Tananarivienne qui est déjà mal en point faute de pouvoir se nourrir convena­blement. Les gens tiennent à peine debout et il suffirait que des bactéries et virus viennent pour qu’il ait une catastrophe humanitaire. Il est tout à fait possible de prendre des mesures contre l’accumulation grandissante des ordures. En cette période spéciale que nous vivons, avoir la peste n’arrangera rien. Aussi, pour des enjeux majeurs, pourquoi ne pas prendre des mesures majeures comme mobiliser l’armée à nettoyer au plus vite la ville, toutes les villes. En effet, il semble que la problématique des ordures ne soit pas propre à Tanà. Gouverner c’est prévoir. C’est aussi prendre des mesures d’urgence pour ne pas mettre plus d’huile sur le feu.

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