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Ambato-Boeny – La réhabilitation de la route d’accès tarde

Les années se succèdent, mais le district d’Ambato-Boeny demeure une zone enclavée. Il existe un projet de réfection de la voie, mais il ne satisfait pas les usagers.

Un véritable calvaire. Une route secondaire reste le seul accès au district d’Ambato-Boeny, dans la région Boeny, qui reste une zone très isolée. Le déplacement est très difficile et le trajet long de 23 kilomètres entre la commune d’Andranofasika, sur la RN 4, et Ambato-Boeny, s’effectue en deux heures trente minutes pour un taxi-brousse, une heure pour un véhicule tout terrain.
Le voyage est vraiment pénible car, hormis la poussière étouffante, la voie est très cahoteuse et dans un état totalement délabré.
« Durant la saison des pluies, les voitures ont du mal à l’emprunter et il faut recourir à un tracteur pour pouvoir passer. Notre parcours est très limité car nous devons rouler sur des portions de route qui ne sont pas boueuses. Un transbordement est alors nécessaire», explique un chauffeur de taxi-brousse.
Le projet de réhabilitation de cet axe ne satisfait pas du tout les usagers et les habitants du district d’Ambato-Boeny. À partir du premier secteur à Ambato, devant la station de la Radio nationale, un tronçon de moins de 200 mètres a été réparé. « Avec la saison des pluies qui approche et la mauvaise qualité des travaux de réfection, nous craignons que celle-ci ne résiste», déplore un habitant.

Cent mètres réparés
Pire encore, entre la commune d’Ankija-be, via Belalitra, à plus de 8 kilomètres, et Ambato, l’on observe quelques tronçons de route retapés et bitumés, mais juste sur une longueur de 100 mètres. Au total, la réhabilitation n’a même pas atteint un kilomètre si l’on relie les fractions entre elles.
«C’est erroné de dire que la route d’Ambato est achevée», s’écrie un autre conducteur de la coopérative de transport Komafibo, qui dessert la ligne. Sur toute la longueur de la route, l’état des anciennes pistes goudronnées, longues de 5 kilomètres, est très dégradé et très accidenté, les ponts et radiers y sont très dangereux. Seuls, environ 2 kilomètres sont carrossables.
Même dans la commune urbaine d’Ambato, la rue principale est bitumée juste devant la gare routière régionale jusque devant la mairie et le marché. Mais la majorité des artères de la ville est très poussiéreuse. Toute l’année, les charrettes à bœufs restent ainsi les seuls moyens de transport public pour les habitants du district d’Ambato, d’autant qu’elles peuvent franchir les voies boueuses. Les deux-roues sont également très utiles et pratiques, mais les pistes poussiéreuses peuvent gêner la circulation. Il existe bien un pont privé à quelques kilomètres de l’entrée du district d’Ambato-Boeny, mais il est payant pour les taxis-brousse et les véhicules privés : le péage est de 3 000 ariary pour ceux-ci contre 4 000 ariary pour les camions. Mais là encore, en période de pluies, il est inondé et fermé. Il faut alors prendre le bac pour pouvoir traverser le lac de moins de 10 mètres de longueur.

Vero Andrianarisoa