L'Express de Madagascar

Précampagne – Les jeunes au centre des sollicitations

Les universitaires sont particulièrement courtisés.

Constituant la majorité de l’électorat, les jeunes sont particulièrement sollicités pendant la précampagne. Les candidats rivalisent d’imagination pour se faire connaître auprès d’eux.

L’opération séduction des électeurs commence avant l’heure. Les candidats à la présidentielle du 7 novembre occupent déjà le terrain bien que la campagne électorale commence officiellement le 8 octobre. En l’absence de règles, tous les coups et tous les coûts sont permis. Spectacle, conférences, réseaux sociaux, sorties médiatiques, le weekend a été particulièrement animé dans divers endroits. Parmi l’auditoire, les jeunes sont particulièrement sollicités. À la différence des campagnes précédentes, les candidats accordent une attention particulière aux universitaires.
Après la conférence sur le « Fisandratana 2030 » donnée par le président de la République Hery Rajaonarimampianina il y a deux semaines, trois candidats ont repris le chemin de l’Université samedi. Le chef d’entreprise Haingo Rasolofonjoa présenté par le parti Avotra ho an’ny firenena, a rencontré les étudiants en sociologie. Il a été suivi par Zafimahaleo Rasolofondraosolo dit Dama Mahaleo. L’ancien directeur général du Trésor, lui aussi a voulu rencontrer les étudiants mais les responsables ont annulé la rencontre à la dernière minute selon les informations relayées dans sa page facebook officiele.

Dans le vent
Avec la multiplication des offres des opérateurs téléphoniques, l’accès aux réseaux sociaux est à la limite de la gratuité. Ainsi, les candidats se sont empressés de créer leurs pages officielles pour se faire connaître d’autant que les utilisateurs de ce canal de communication sont essentiellement des jeunes. C’est le cas de Roland Ratsiraka qui annonce la tenue de son show le weekend prochain. Ou encore Paul Rabary, qui, à travers une vidéo mise en ligne, a rencontré la diaspora malgache à Paris. Les autres candidats se sont faits discrets.
« Garants de l’avenir, moteurs du développement, acteurs du changements… », les jeunes sont au centre des discours des candidats en cette période de précampagne. On attend la traduction de ces paroles en actes, d’autant que le ministère en charge de la Jeunesse a toujours été le parent pauvre de tous les départements ministériels. À titre d’illustration, le budget du ministère de la Jeunesse et des sports, en 2016 est de 19 milliards d’ariary sur un budget total de 8000 milliards.
La liste électorale arrêtée le 15 avril recense un peu moins de dix millions d’électeurs, soit deux millions de nouveaux électeurs comparée à celle de 2013, et constituée majoritairement de jeunes qui vont jouir pour la première fois de leur droit de vote. Ainsi, les candidats, dans leurs programmes et dans leur stratégie de précampagne n’omettent jamais de mentionner leurs intérêts pour les
jeunes. Avec un taux de participation de 50,72% en 2013, le candidat vainqueur à l’élection présidentielle du second tour s’en est sorti avec deux millions soixante mille voix. D’où l’intérêt de séduire ces deux millions de nouveaux électeurs par tous les moyens. Quitte à faire semblant d’être cool.