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Réseau sociaux – Les faux comptes plombent le niveau des débats

Les réseaux sont l’un des espaces de débats les plus prisés. Depuis quelques mois, toutefois, la prolifération des faux comptes réduisent le niveau des échanges à des attaques stériles.

Déluge. Les groupes portant sur des intérêts politiques, sociaux et économiques sur les réseaux sociaux, facebook, en particulier, sont, depuis quelques mois, submergés par des faux comptes, ou comptes fake dans le jargon. Des faux profils dont les multiples interventions abaissent considérablement le niveau des échanges et des débats sur ces médias numériques.
Depuis quelques années maintenant, les acteurs de la vie publique malgache, eux aussi, ont pris conscience de l’importance des réseaux sociaux dans la communication politique ou institutionnelle. Un enjeu de taille lorsque l’on constate que les citoyens de la Grande île, plutôt amorphe et apathique lorsqu’il s’agit de militer publiquement pour ses idées sont, particulièrement, actifs et acerbes dans leur opinions sur les médias numériques.
Depuis quelques mois, cependant, les différents courants du microcosme politique abusent des comptes fake pour se défendre des critiques de l’opinion numérique. Une technique de défense qui consiste, essentiellement, à dénigrer les adversaires politiques ou simplement ceux qui ne partagent pas le même point de vue que soi. Un exercice d’attaque personnelle stérile abaissant au ras des pâquerettes le niveau des débats sur les réseaux sociaux.
« Une jurisprudence française qualifie d’espace privée le compte d’un individu sur les réseaux sociaux d’espace privé. Ce qui veut dire qu’il peut y publier ce que bon lui semble. Ceci étant, si une publication ne nous convient pas, je pense qu’il vaut mieux juste ne pas y répondre », opine un homme politique parmi les plus actifs sur les réseaux sociaux.

Animosité

En venir à restreindre le ton et la nature des publications d’une personne sur les réseaux pourrait, par ailleurs, être une atteinte à sa liberté d’expression et d’opinion. Seulement, déjà que le niveau des débats politiques ou sociaux à Madagascar atteignent souvent des sommets en matière de médiocrité, les faux-comptes sur les médias numériques y remettent une couche avec des une bassesse aberrante dans la plupart des interventions.
Les attaques personnelles vont jusqu’à exacerber les singularités physiques de certaines personnalités alors qu’en général, les discussions ont démarré sur un sujet d’actualité. Les thématiques discutées sont, cependant, souvent d’intérêt national, mais les discussions abordent rarement le fond des problèmes et se limitent à des attaquesoue contre-attaques portant sur les forces et défaillances des uns et des autres. Des sujets qui entrainent, souvent de violents échanges stériles et non constructifs.
Les groupes en vogue se nomment « Ndao handalina politika avo lenta », pouvant se traduire par, « cogitons pour une pratique politique de haut niveau », ou encore « Ndao handalina politika politika misy etika », traduit librement en, « réfléchissons à une politique respectant l’éthique », et « Ndao hanarina an’i Madagasikara », pouvant être traduit comme « redressons Madagascar », les thèmes de prédilection des débats devraient se porter sur les opportunités et insuffisances des programmes et idées que proposent les différents courants et acteurs politiques.
Pour éviter que le niveau des débats sur le groupe « débattons de la relance économique », emprunte le même chemin, son initiateur dit devoir refuser et bloquer toute demande d’adhésion « des comptes où il n’y a que des photos, pratiquement aucun ami mais membre de 250 groupes ». Les demandes d’adhésion émanant de ces comptes, confirme-t-il sur un post, ont afflué ces derniers jours.
Les faussaires des réseaux sociaux qui agissent, le plus souvent, pour le compte d’un courant politique, cultivent, par ailleurs, une pratique qui a déjà mis à mal la nation à plusieurs reprises et qui consiste à diaboliser la concurrence. Le processus de récon­ciliation nationale conduit par le Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), a soulevé que « l’animosité entre les acteurs politiques est l’une des sources des crises cycliques à Madagascar ». La méthodologie qui s’opère, actuellement, sur les réseaux semble tendre à cultiver une hostilité, souvent, violente entre les différends bords de l’opinion citoyenne.

Garry Fabrice Ranaivoson