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Éducation – Les élèves épanouis à leur colonie de vacances

Ils ont peut-être des difficultés à bouger, mais ils savent bien jouer au ballon.

Cette année encore, les personnes en situation de handicap mental, prises en charge au Centre médico-éducatif les « Orchidées blanches », ont pu partir en vacances. Comme toujours, c’est une expérience enrichissante pour elles.

Ils ont peut-être des difficultés à bouger, mais ils savent bien jouer au ballon.

Mer, soleil, réjouissance et liberté. Tout cela a été au rendez-vous durant la colonie de vacances des personnes en situation de handicap mental, prises en charge au Centre médico-éducatif les « Orchidées blanches », qui s’est déroulée à Foulpointe, du 18 au 27 juillet. Ils ont pleinement joui de leur séjour sur cette partie de la côte Est. « Nous leur avons donné une totale liberté. Nous les avons installés dans des bungalows et les avons laissé vivre pleinement de leur jeunesse », indique Faralalao Andrianarivony, coordinatrice du Centre d’accueil de jour.
C’était une expérience enrichissante pour elles. Malgré la faiblesse de leur santé mentale, ces jeunes et adultes se sont débrouillés comme des grands. Ils n’ont pas eu besoin d’encadreur pour leur indiquer ce qu’il faut faire. Les briefings du soir ont amplement suffi pour les diriger. Ils ont assuré leurs toilettes eux-mêmes, ils ont rangé eux-mêmes leur chambre et leur lit, ils ont mis le couvert et l’ont débarrassé, certains ont même fait la vaisselle. Pourtant, cette faculté d’agir n’est pas aisée pour eux, du fait de l’incapacité motrice de certains d’entre eux.
Mais c’était une réjouissance totale pour eux de se sentir utiles et de s’activer. « Ils n’attendaient pas que ce soit leur tour pour assurer le service. Ils attendaient surtout les félicitations du groupe. C’est un système que nous avons mis en place pour valoriser la personne. Ils étaient très fiers de savoir que nous sommes satisfaits de ce qu’ils ont fait », continue Faralalao Andrianarivony.

Diverses activités
Ces pensionnaires de l’hôtel Silhouette de l’Est à Foulpointe ont profité pleinement de leur séjour. De nombreuses activités leur ont été proposées pour s’occuper dans la journée. Ils ont joué sur la plage, se sont baignés dans la mer et dans une piscine, ont joué au ballon, chanté en tant que chorale au temple de Foulpointe. Ils ont aussi organisé de petites fêtes pendant les soirées. « Tout le monde y avait participé. Même ceux qui ont de la difficulté à s’exprimer, s’étaient mis au karaoké. Ils l’avaient fait à leur façon. Par exemple, un jeune qui ne parlait pas, avait réalisé une mise en scène de la chanson d’Henri Ratsimbazafy « Fiaran-dalamby ». Il avait remplacé les wagons par des chaises à la place et avait demandé l’aide de deux de ses camarades, un homme et une femme, pour jouer la scène. C’était vraiment incroyable et beau à voir », raconte Sambatra Landinirina Harizo, encadreur de la colonie de vacances.
Ces personnes en situation de handicap mental sont arrivées à se détacher un peu de leur famille. «Des parents passaient des coups de fil à leurs enfants. Mais ils refusaient de parler longuement avec eux. Nous avons d’ailleurs demandé aux parents de ne pas les appeler pendant les vacances», continue Sambatra Landinirina Harizo.
Les objectifs de la colonie de vacances ont été atteints. Cette sortie en groupe a favorisé l’épanouissement et amélioré le fonctionnement de la personne ainsi que son état de santé général. Elle a donné aux familles un temps de répit, atténué la tendance à la surprotection familiale, mais surtout elle a sensibilisé un large public sur le handicap mental et sur les personnes en situation de handicap mental.

Protitant du soleil, de la mer, du sable, les élèves du Centre Les Orchidées Blanches passent f’agréables vacances.
Même les adultes s’adonnent à coeur joie au plaisir du maquillage artistique.

Les jeunes vacanciers sont très heureux de faire du zumba.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les activités ludiques se font aussi en salle.

Trois sorties cette année

Trois colonies de vacances ont été organisées, cette année, car le centre a divisé en trois groupes les bénéficiaires. Les petits et jeunes avec handicap marqué (groupe A) sont partis pour trois jours au Centre culturel et de loisirs de la Caisse nationale et de prévoyance sociale (CNAPS) à Vontovorona, les 13, 14 et 15 mars. Leurs encadreurs leur ont appris à avoir une relative autonomie affective, à s’approcher d’adultes autres que leurs parents et leur éducateur référent, à changer de cadre d’activités, à une discipline de vie.
Les jeunes et adultes moins autonomes (groupe B) ont séjourné à l’hôtel Silhouette de l’Est à Foulpointe, du 24 au 30 avril. À part leur apprendre à vivre sans leur famille pour quelque temps, on les a également initiés à s’occuper de leur propre personne, à participer à une vie de groupe, à se familiariser à d’autres cadres de vie, comme le bungalow, la plage, le village, et aussi à rencontrer d’autres personnes.
Enfin, le voyage des jeunes et adultes mieux avancés (groupe C) a duré plus longtemps. Du 18 au 27 juillet, ils ont résidé au même établissement que le groupe B. Cette période leur a permis de renforcer leur autonomie affective, d’améliorer leur capacité à vivre au quotidien- soins personnels, tâches domestiques-, de consolider leur aptitude à vivre en société, d’enrichir leurs connaissances et leur savoir-faire et de s’ouvrir sur le monde extérieur.

Trente cinq ans d’expérience

Le Centre médico-éducatif les «Orchidées blanches » organise chaque année, des colonies de vacances depuis 1983. À chaque fin de période, ses élèves séjournent quelques jours dans un lieu de détente. Cette activité entre dans le cadre du programme d’accompagnement individuel de la personne en situation de handicap mental, pour qu’elle puisse jouir de l’acceptation de tous et accéder à des services ainsi qu’à des soins de qualité. « Ce n’est nullement un extra, ni un luxe. Nous avons juste besoin de montrer à tous que nos élèves sont comme toute autre personne. Leurs droits doivent être respectés. D’ailleurs, nous avons déjà ratifié la Convention internationale des droits des personnes en situation de handicap », précise Faralalao Andrianarivony.
En trente cinq ans, ces colonies de vacances ne cessent d’évoluer, en termes de transport, d’hébergement et de restauration. Et tout cela, c’est grâce à l’appui de l’ASMAE, relayé par la Coopération d’action culturelle de l’ambassade de France.

Une évolution surprenante

Les responsables constatent une évolution chez les élèves de ce centre d’accueil de jour. « Parfois, nous sommes étonnés lorsque nous les voyons faire des choses qu’on ne pense pas qu’ils en sont capables. Et c’est merveilleux », indique Sambatra Landinirina Harizo, encadreur de colonie de vacances.
Les parents sont plus que satisfaits. « Ma fille est de plus en plus autonome. Elle peut s’occuper d’elle toute seule. Par exemple, dernièrement, elle a fait ses bagages elle-même pour partir en vacances. Nous n’avons fait que vérifier si ce qu’elle a prévu, est trop ou pas assez. À la maison, elle fait la vaisselle. Et lorsque nous, ses parents, rentrons tard, elle allume le feu et fait cuire le riz. Parfois, nous avons peur qu’elle ne mette le feu à la maison », raconte un père de famille, tout fier de sa fille. Le but principal est de développer l’autonomie chez les jeunes. Leur avenir est toutefois préoccupant. Aujourd’hui, aucun centre n’est encore prévu pour les accueillir lorsqu’ils deviendront adultes.

Même les petits élèves apprennent à vivre loin de la chaleur familiale.

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