Notes du passé

Des traditions solides pour contrer les premiers colons

Si de nombreux Européens fréquentent les côtes de Madagascar et installent les premiers comptoirs qui permettent aux nouveaux venus de mieux connaitre les populations du littoral, le prosélytisme des missionnaires et leurs prédications ne rencontrent aucun succès, fin du XVIe siècle début du XVIIe siècle. « La solidité des coutumes ancestrales apparaissent vite aux étrangers », expliquent certains historiens. Les Portugais, premiers arrivés, abandonnent aussi les premiers l’espoir de convertir les Malgaches. Ils se désintéressent de la Grande ile après l’expérience malheureuse du R.P. Luis Mariano, au début du XVIIe siècle.

La résistance des Malgaches à la civilisation occidentale va se poursuivre jusqu’au début du XIXe siècle, favorisée par l’hostilité du milieu géographique sur les franges maritimes de l’ile. Ce n’est qu’au cours du XVIIe siècle, en effet, que se déroulent des tentatives d’occupations coloniales sérieuses (lire précédente Note).
Les premiers, les Portugais échouent au début du XVIIe siècle dans l’Anosy, les grandes baies du Boina (Ampasindava et Mahajamba), et à l’Ouest, dans le Bas-Manambolo.
Les Hollandais profitent du départ des Portugais. Dans le second quart du XVIIe siècle, ils pensent trouver à Madagascar le ravitaillement et les esclaves indispensables à l’occupation de l’ile Maurice qu’ils s’efforcent de coloniser. L’abandon de Maurice met pratiquement fin à leur trafic commercial.
Les Anglais connaissent aux deux extrémités de la côte occidentale « deux échecs fort cuisants: dans la baie de Saint-Augustin, en 1644, la colonie anglaise dirigée par John Smart, fut ruinée en moins d’un an », laissant douze survivants. Et à Nosy Be, six ans plus tard, deux tentatives d’occupation échouent aussi rapidement. « Les colons du colonel Hunt furent anéantis par les autochtones. »

Enfin, les Français s’efforcent, mais en vain, au cours du troisième quart du XVIIe siècle, de se maintenir sur la côte orientale de Madagascar. En 1642, Pronis aidé par le commerçant François Cauche débarque dans la baie de Manafiafy qu’il baptise Sainte-Luce. Il quitte vite cette baie impaludée pour la presqu’ile d’Itaperina où s’élève, fin 1643, le fragile Fort Dauphin.

En 1648, Etienne de Flacourt est appelé à remplacer Pronis. Malgré ses capacités et sa force de caractère, le nouveau gouverneur connait « bien des alternatives d’espoir et d’accablement ». Il a le sentiment de contrôler la bordure orientale de l’ile et les points essentiels du trafic des Français sont Sainte-Marie et Galemboule (Fenoarivo-atsinanana) au Nord, les pays de la Matitanana au Centre et le Fort Dauphin au Sud. « Il en conçut un plan d’occupation de Madagascar qu’il devait publier plus tard. »
Mais la fragilité de la colonie, l’hostilité du milieu géographique sur la côte, les convoitises réciproques, les brutalités et les exactions conduisent l’établissement vers son déclin, malgré la fermeté de son gouverneur. Moins de six ans après son arrivée, en 1653, Etienne de Flacourt parvient, après maintes tentatives, à quitter l’ile à bord d’une barque de fortune.

Après son départ en 1658, Fort-Dauphin ne cesse de péricliter malgré le débarquement de contingents assez importants de colons et de soldats, en 1664 et en 1667. Alors qu’il compte revenir, en 1660, il périt en combattant les Arabes au cours de la traversée qui le ramène à Madagascar.
Par la suite, les expéditions militaires du général Jacob de la Maye vont à l’encontre des intérêts des commerçants du Fort. Deuils et massacres de colons compromettent définitivement l’avenir de la Colonie. « Le 27 aout 1674, le major de La Bretèche l’abandonna et partit pour Bourbon avec les soixante trois survivants. »
Les pirates européens succèdent aux commerçants et, pendant quatre ans (fin du XVIIe et premier quart du XVIIIe), les forbans d’Antongil règnent sur les côtes. Sainte-Marie devient avec Tintingue et la baie d’Antongil, un de leurs dangereux repaires. L’arrivée des pirates antillais rend la navigation dans le Mozambique et l’océan Indien encore plus périlleuse. « Les gouvernements français et anglais durent intervenir et réduisirent les révoltés au silence.»

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