Editorial Opinions

Énergie scolaire

On l’admet, les enseignants sont les plus mal lotis parmi tous les fonctionnaires de l’Etat. C’est un fait flagrant, rien qu’à voir la grille indiciaire de la fonction publique. La décadence du statut de l’enseignant a commencé à partir de 1975 et les réformes exigées par la révolution socialiste. La formation de l’enseignant a dégringolé avec l’introduction de l’idéologie politique dans le programme et la pédagogie. Le nivellement par le bas a débuté pour finir par mettre les enseignants, quel que soit leur niveau, au bas de l’échelle. Par la suite, chaque corps de la fonction publique a réclamé et obtenu un statut spécial pour avoir un traitement de faveur. Aussi, un enseignant ayant fait le même nombre d’années d’études, le même diplôme, la même catégorie et le même échelon qu’un magistrat ou un inspecteur des douanes sera-t-il moindrement rémunéré avec un indice inférieur.
En outre, les avantages et les indemnités dérisoires allouées par l’État n’ont jamais fait l’objet de révision au cours des républiques successives. Les syndicats ont, d’ailleurs, toujours réclamé leur réajustement en particulier durant la Transition, en vain. Ils remettent leurs revendications légitimes sur le tapis mais là où le bât blesse, c’est qu’elles ont une teinte politique et n’ont plus aucun caractère syndical. Ils ont eu la tête du ministre Paul Rabary qui a pourtant changé tous les directeurs régionaux et chefs de circonscription scolaire ainsi que les directeurs d’école lesquels se trouvent aujourd’hui à la tête de la grève. Insatiables, les syndicats appuyés par les députés du changement ou ce qu’il en reste, réclament, désormais, le départ des ministres HVM du gouvernement. Il est donc clair que les revendications des syndicats ne sont qu’un prétexte pour parvenir à un objectif précis. À preuve, malgré les efforts consentis par le gouvernement qui a presque tout accepté en proposant des solutions étalées dans le temps pour que les impacts financiers au niveau du budget ne soient pas trop importants. Rien que l’indemnité de craie de 100000 ariary par mois réclamée par les cent trente mille enseignants coûtent la bagatelle de 13 milliards d’ariary à l’État. Ce n’est pas en faisant une grève générale qu’on peut trouver une telle somme. Et ce sont d’abord les élèves qui vont payer les pots cassés avec l’obligation de passer les examens après trois mois de grève.
Si le gouvernement n’a pas fait un geste, les syndicats auraient bien raison de s’entêter à persister dans leurs revendications. Mais leur mauvaise foi saute aux yeux, étant donné que le gouvernement a proposé des solutions ce que ses devanciers n’ont jamais fait. Le Premier ministre Christian Ntsay n’a pas été tendre à leur endroit et il pourrait passer aux réquisitions et aux coupures de solde si les syndicats ne font pas preuve de bonne foi. Il est clair que l’éducation a besoin d’une nouvelle énergie, des plaques scolaires pour rattraper un demi-siècle de retard.

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