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Cour criminelle – Un Français et un Malgache emprisonnés

Quatre accusés dont un homme d’affaires français ont été condamnés à dix ans de prison ferme, mardi à Anosy, par la Cour criminelle.

Verdict tombé. Jugés, mardi, dans la Cour criminelle d’Anosy, salle n°4, quatre hommes, dont les deux ont manqué à l’appel, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs et tentative d’assassinat. Un homme d’affaires français, opérant à Madagascar et en Tunisie, figure parmi les accusés. Ils ont écopé de dix ans de prison ferme et s’acquitteront, chacun, d’une amende de trente millions d’ariary à l’issue de la peine. Pour le cas des deux absents, la justice a ordonné un mandat d’arrêt. Le jugement a pris environ quatre heures de temps. Les tâches des juges de première instance qui siégeaient pour trancher des versions contradictoires du plaignant, du Français et celles d’un autre inculpé se sont annoncées plus ou moins complexes. La preuve en est que l’audience se soit faite en bilingue, nécessitant l’intervention d’un interprète.
Suite aux lectures de chaque déposition des personnes impliquées dans cette affaire, lors de leur interrogatoire, la séance de questions-réponses a commencé. Assailli de questions, le Français devant la barre a nié jusqu’au bout toutes les accusations. « L’agresseur m’a plaqué sur le mur en tentant de me poignarder, mais je lui ai remis le couteau. Il a reçu deux ou trois coups au niveau de l’omoplate », s’est-il défendu devant les jurés. Et son avocat d’ajouter, qu’il était en état de légitime défense face à une réaction agressive. Ce maître a alors demandé la disqualification de la tentative d’assassinat pesant sur son client et que cela soit mitigé en coups et blessures volontaires (CBV). Ce prévenu a endossé les faits qu’il ait planté le couteau sur le plaignant, mais a allégué la légitime défense.

Crime de mars 2017
Lors du procès d’hier, le certificat médical avancé par le plaideur se rapporte à un accident à responsabilité civile qui avait eu lieu à Ambatofotsy. La scène du crime dont il est victime s’est pourtant passée le 9 mars 2017, dans une chambre d’hôtel. Il est échangeur de devise à Analakely. Ce jour-là, le Français accompagné de son camarade chargé de sa sécurité personnelle voulait changer 3000 euros en ariary sur lui. Ils se sont alors donné rendez-vous à l’hôtel réservé par avance pour en conclure l’affaire. Dans la chambre, la rencontre a tourné au drame. Le requérant a été retrouvé au sol et ensanglanté. Selon lui, il s’est fait dérober son argent s’élevant à 24 millions d’ariary. La police appelée à intervenir est arrivée à temps et a procédé à un appel à témoins, ainsi qu’au constat.
La nuit-même, le Français et son camarade ont été arrêtés chez eux à Itaosy. Le lendemain, deux autres complices ont été piégés dans un taxi avec une somme avoisinant onze millions d’ariary à Anosy. Aucun billet en euro n’a été retrouvé sur eux. Ce qui laisse à penser que ce pactole saisi par la police, servant de pièce à conviction, n’a pas été déclaré à la justice. Les accusés purgeaient déjà seize mois de placement sous mandat de dépôt à Antanimora et y sont reconduits après le verdict, les mains menottées. Cet homme d’affaires fera appel à la Cour de cassation. Quand aux absentéistes, un mandat d’arrêt leur a été signifié.

Haja Léo/Voarisoa Davidson

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