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Vol d’un pactole – Arrestations et saisie de fonds dans le Nord-Est

Traqué après avoir été relâché par la police, un couple s’est fait coincer par la gendarmerie. Du numéraire, des véhicules et des biens immobiliers tombés du ciel ont été saisis dans le Nord-Est.

Le vol d’une somme faramineuse dans le domaine du Premier Ministre Olivier Solonan­drasana Mahafaly fait des vagues. Tombés dans les mailles des filets de la gendarmerie à Mananara-Nord jeudi, le principal suspect, ancien employé de la propriété du chef de gouvernement, l’épouse de celui-ci, qui y travaillait en tant que femme de ménage, ainsi que son père, ont été conduits à Maroantsetra hier en vue d’être transférés à Antalaha, pour y répondre de vol de biens immobiliers ainsi que de véhicules acquis par des moyens qui laissent rêveur.
Des membres de la famille du suspect numéro un, à qui ces biens portés au grand jour avaient été confiés, sont du coup, mis dans le même sac. Lors de la triple arrestation effectuée à Mananara-Nord, le quidam a été pris en possession de 3,4 millions d’ariary ainsi que d’une moto qu’il venait de payer au comptant quel­ques jours plus tôt. Une somme en numéraire, enterrée dans un champ, dont la valeur s’élève à six millions d’ariary, a été dans la foulée découverte.

Fonds disparus

La direction de la police judiciaire auprès de la gendarmerie nationale au Toby Ratsimandrava prend les rênes des investigations. Elle frappe fort, là où l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) semble avoir essayé d’étouffer l’affaire. Dans les coulisses policières, des investigations journalistiques ont révélé que le présumé cerveau s’était fait cueillir à Ambohitra­kely il y a quelques semaines. Lors d’une perquisition, les hommes de l’IGPN auraient mis la main sur un pactole d’une valeur de 800 millions, selon une source auprès du ministère de la Sécurité publique. Ce montant n’est pas loin du chiffre lâché à demi-mot par une autre source qui se fige dans l’entourage du Premier Ministre. Ce dernier met en avant que la somme dérobée s’élèverait à 850 millions d’ariary.
En tout cas, l’étau se resserre autour de l’IGPN, dont la compétence se réduit aux poursuites à l’interne et à la traduction devant le conseil de discipline de policiers poursuivis pour fautes professionnelles. L’arrestation de civils, la perquisition ainsi que les enquêtes judiciaires ne relèvent pas de ce fait de son domaine. Et encore, après leur arrestation, articulée autour d’une saisie de liquidité d’un montant ahurissant à Ambohitrakely, le principal suspect et son épouse ont été, d’emblée, relâchés sans qu’ils aient présentés à un service de police judiciaire compétent. Ce qui est advenu des fonds saisis délie les langues.
Après ce coup fourré policier, la gendarmerie a été mise sur l’affaire. Les enquêteurs sont, de ce fait, remontés de fil en aiguille jusqu’au couple en fuite ainsi que leur patrimoine tombé du ciel. Hier, en s’adressant à la presse, le Premier Ministre a déploré un acte de déstabilisation revêtu de propagation de fausses nouvelles, quant à l’existence de ces fonds houleux. «C’est un tissu de mensonges. Ce n’est pas avec de pratiques aussi aberrantes qu’ont pourrait arriver au développement du pays», se désole Olivier Mahafaly. Une source auprès de la gendarmerie nationale révèle pour sa part qu’une proche du Premier Ministre s’est présentée jeudi à la brigade spéciale au Toby Ratsiman­drava.

Seth Andriamarohasina