Editorial

Parvis nu

Le parvis de l’hôtel de ville va retrouver son aspect originel. Son peuple depuis trois mois a décidé d’abandonner les lieux de guerre lasse. Les leaders du mouvement pour le changement se sont rendus à l’évidence après avoir été floués par leurs alliés de circonstance. On savait et on l’avait dit et prédit, cette alliance est trop inceste pour pouvoir durer.
L’adage dit qu’on ne met pas deux buffles dans un même parc. Si Rajoelina est loin d’être un taureau et Ravalomanana n’ayant rien d’un bison, ils ne pourront jamais cohabiter. Le premier a renversé le second, tout en mettant à sac son patrimoine après que le second lui ait causé des ennuis quand il était maire. Menacés de disqualification par les lois électorales initiales pour actes criminels et délits financiers, les deux lascars se sont alliés pour mener la lutte contre l’exclusion à travers leurs députés. Mais les choses étaient claires depuis le début. Les deux hommes n’ont mis les pieds au parvis que pour présenter leurs condoléances aux proches des victimes de la journée du 21 avril. Ravalomanana a affirmé à qui voulait l’entendre qu’il n’avait rien à voir avec le mouvement des députés. Ces derniers ont également déclaré qu’ils étaient seuls maîtres du mouvement et n’acceptaient aucune décision extérieure. Les médiateurs internationaux se sont ainsi cognés contre un mur. Aucune négociation n’a été possible.

Croyant être infaillibles et incontournables, les députés de l’alliance Mapartim ont été royalement ignorés par leurs gourous respectifs lorsque les « patrons » ont signé un accord secret pour dénouer la crise. Les leaders du mouvement ont commencé à être discrédités et ont beau affirmer que la nomination du Premier ministre n’avait pas reçu leur aval avant de se raviser et de se couvrir de ridicule. La mise en place du gouvernement de consensus a complètement disloqué le mouvement des députés. Au lendemain de la nomination des ministres, les députés de l’alliance sont venus une dernière fois au parvis. Sur ordre de Rajoelina, les députés Mapar ont abandonné les meetings laissant seuls leurs homologues du TIM . Le mouvement a été sérieusement affaibli malgré l’opiniâtreté de ses leaders rescapés.
Ravalomanana allait emboîter le pas à son meilleur ennemi en ordonnant à ses partisans d’arrêter les manifestations, au lendemain de l’annonce des dates de l’élection présidentielle et au moment où MBS émet de nouveau et la société AAA rouvre et produit. C’est l’essentiel pour Ravalomanana plus que sa candidature qui n’aurait été possible sans un trésor de guerre. Mais les députés du TIM n’ont rien voulu savoir et ont continué à battre le pavé malgré une désaffection du public. Ils se sont finalement rendus à l’évidence, réalisant que la cause était perdue. Les compagnons de lutte n’étaient en réalité que des « parvinus » qui ont déguerpi dare-dare sitôt un portefeuille du gouvernement obtenu. La mort dans l’âme, l’opprobre sur le visage, les députés se rabattent sur la lutte syndicale menée par la Solidarité Syndicale Madagascar. Le SSM joue carrément la carte politique réclamant le départ des ministres HVM du gouvernement. Les députés livrent ainsi un combat d’arrière-garde et demandent l’exclusion de certains ministres à défaut d’avoir pu obtenir la déchéance du Président. Ils ont revu leurs ambitions à la baisse mais à l’allure où vont les choses, ils vont finir par demander la dissolution de l’Assemblee nationale. La logique de l’erreur est bel et bien
la bêtise.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter