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Université de Toamasina – Les étudiants émeutiers relâchés sur pression

Arrêtés pour avoir perturbé la tenue des examens, lancé des pierres sur des véhicules et allumé un pneu sur la RN2, vingt-et-un étudiants ont été relâchés sous la pression de leurs congénères.

La liberté pour les étudiants émeutiers de l’université de Barikadimy à Toamasina. Sur les vingt-et-un arrêtés, dix-neuf ont été libérés pendant les enquêtes préliminaires. Au terme de leur passage au parquet, près du tribunal de première instance de Toamasina, les trois derniers suspects étaient montrés du doigt comme étant des meneurs de manifestation. De surcroît, ils sont soupçonnés de se trouver derrière la perturbation de la tenue des examens ayant ébranlé l’université lundi. Ils ont , pour leur part, bénéficié d’une mise en liberté provisoire. Le branle-bas de combat entre les étudiants et les autorités était monté d’un cran après cette vague d’arrestations. Avant-hier, les premiers ont menacé de revenir à la charge en cas d’incarcération de leurs confrères, lesquels n’auraient fait que protester contre des délestages à n’en plus finir. Un soulèvement des plus légitimes à les entendre. La décision judiciaire rendue hier était, en tout cas favorable à un apaisement.

Fichés
Dans la nuit de dimanche à lundi, près de cent cinquante étudiants se sont insurgés contre de longues et intempestives coupures de
courant qui ont plongé le campus universitaire dans le noir. En débordant de l’enceinte de l’université, ils ont campé sur la route nationale numéro 2 pour couvrir de jets de pierres des taxis-motos ainsi que des véhicules. Ils ont mis le feu aux poudres en allumant un pneu sur la chaussée, bloquant ainsi la circulation.
Un transporteur dont l’un des taxis-motos a été mis à mal dans ces échauffourées et a porté plainte, d’après la gendarmerie. Les dix-neuf étudiants relâchés au terme de leur audition par les enquêteurs mixtes ont été arrêtés au moment des faits, après une heure de bras de fer avec les forces de l’ordre.
Les trois présumés initiateurs de troubles se sont en revanche fait cueillir le lendemain. Ces derniers seraient des têtes connues en matière de manifestation estudiantine.
«Le fait que ces présumés fauteurs de troubles ont été relâchés ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont rien à se reprocher. Les trois individus ayant bénéficié de mise en liberté provisoire seront encore jugés. Parmi les dix-neuf autres, remis en liberté le lendemain de leur arrestation, certains sont dans le collimateur des forces de l’ordre. Les actes commis ne peuvent être que des éléments à charge en cas de récidive», met en garde le général de brigade Serge Gellé, commandant de la Circonscription Inter-Régionale de la Gendarmerie Nationale (CIRGN) de Toamasina.

Andry Manase