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Zone inhabitable sur Manjakamiadana – Les permis de construction à la loupe

Cette zone commence à être abandonnée peu à peu.

Le chef de l’État préconise l’audit sur l’octroi des permis de construction et d’habitation sur les zones rouges.

Qui a délivré les permis de construire sur les zones inconstructibles et inhabitables de la colline Manjaka­miadana ? Qui parmi les occupants du lieu ont un permis de construction et d’habitation ? Ces questions devraient être éludées à la fin de l’audit sur l’octroi des permis de construction et d’habitation sur les zones rouges de la colline Manjakamiadana, que le Président de la Répu­blique, Andry Rajoelina, a fortement recommandé, lors du conseil des ministres qui s’est tenu au Palais d’État à Ambo­hi­tsorohitra, le 7 février. Les résultats de cet audits seront les bases sur lesquelles l’État va partir pour mettre en œuvre le plan d’indemnisation et d’aide à la relocalisation.
Certains propriétaires des maisons exposées au risque d’éboulement dans les quartiers d’Ampamarinana et de Tsimia­lon­jafy s’apprêtent à y laisser leur vie. Ils refusent d’abandonner leur maison, si les locataires ont accepté sans oppo­sition leur évacuation. La Préfecture de police d’Antananarivo-ville maintient la mise en demeure contre ces récalcitrants. Elle remet à la semaine prochaine, la mise en vigueur de l’évacuation « manu militari » des personnes qui persistent à rester dans la zone rouge de la colline de Manjakamiadana, dont l’annonce a été faite depuis dimanche. « L’évacuation manu militari s’effectuera à partir de la semaine prochaine. La zone délimitée comme « rouge » ne doit en aucun cas, être occupée », a indiqué le général Angelo Ravelonarivo, préfet de police d’Antananarivo-ville, hier.

Urgence
Pendant le conseil des ministres, le chef d’État Andry Rajoelina a réitéré l’urgence de l’évacuation des zones. Trois cent trente neuf foyers sur cette colline royale doivent quitter le lieu pour éviter d’autres pertes en vies humaines. En l’espace d’un an, près de trente personnes y ont perdu la vie, suite à des éboulements. L’existence d’un risque permanent et imminent relatif à la fragilité des rochers, notamment sur le flanc ouest de la colline, a été soulignée pendant ce conseil. Pendant que la pluie s’abattait sur la capitale, le 7 février, des cascades se formaient sur les rochers à Ambatobevanja et à Ampamarinana. Des ruissellements déferlants coulaient à flots sur les rochers. Hier, encore, des équipes du Bureau national de la Gestion des risques et catastrophes (BNGRC) ont effectué une étude sur terrain pour la délimitation de la zone rouge. Les maisons comprises à 70 mètres du pied de la colline sont « inhabitables ».
Des pièces sont disponibles à Ambohidratrimo et à Andohatapenaka pour héberger ces sinistrés. Mais l’offre de l’État n’intéresse que très peu d’entre eux. Au village Voara à Andoha­tapenaka, quatre familles, dont celles qui ont été blessées pendant l’accident du 3 février à Ambaninam­pamarinana, se sont installées dans les « box » de 15 m2.