Economie

Banque mondiale – L’institution perd son capitaine

L’administration américaine désignera le successeur  de Jim Yong Kim 

Le président de la banque mondiale Jim Yong Kim n’a pas attendu un renouvellement pour mettre fin à son mandat. Il vient de démissionner à la surprise générale.

Abandon. Après six années de bons et loyaux services, le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé qu’il quittait son poste à la tête de l’institution. Le Coréen quittera ainsi la présidence de l’organisation pour laisser la place à Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, qui exercera les fonctions de présidente par intérim à compter du 1er février. « Ce fut pour moi un grand honneur de présider cette remarquable institution composée de personnes passionnément dévouées à la réalisation de la mission visant à mettre fin à l’extrême pauvreté de notre vivant », déclare M. Kim. « Le travail du Groupe de la Banque mondiale est plus important aujourd’hui que jamais, car les attentes des populations pauvres augmentent partout dans le monde tandis que des problèmes tels que le changement climatique, les pandémies, la famine et la crise des réfugiés ne cessent de gagner en ampleur et en complexité. Ce fut pour moi un grand privilège d’occuper les fonctions de président et de contribuer à positionner l’institution au cœur même de ces défis », a-t-il annoncé lors de sa démission.
Durant ces six ans de mandat à la tête de la banque, Jim Yong Kim s’est fixé, avec plus de cent quatre-vingts pays dont Madagascar, comme objectif de mettre fin à l’extrême pauvreté à l’horizon 2030 et de promouvoir une prospérité partagée en axant l’action sur les 40 % les plus pauvres de la population des pays en développement. Ainsi, au cours des quelque six dernières années, les institutions du Groupe de la Banque mondiale ont accordé des financements à des niveaux jamais observés jusqu’alors en dehors des crises financières.

Humanitaire
A Madagascar, le portefeuille de la Banque mondiale vient en appui au Plan National de Développement. Un programme qui comporte actuellement une quinzaine de projets d’un montant de huit cent millions de dollars dont près de quatre cent millions ont déjà été décaissés. Des projets qui ont pour la plupart produit des résultats palpables. Pour ne citer entre autres, que la protection sociale à travers les transferts monétaires, les filets sociaux productifs avec les projets Filets de Sécurité Sociaux (FSS) et Projet d’Urgence pour la Sécurité Alimentaire et la Protection Sociale (PURSAPS) avec près de cent quarante mille ménages bénéficiaires.
Ou encore l’accroissement de plus de 140% des recettes fiscales, l’augmentation moyenne de plus de 70% des revenus des producteurs issus des cultures commerciales prioritaires grâce au projet Pôles Intégrés de Croissance et Corridor (PIC 2). Ainsi, après avoir contribué aux réalisations des objectifs de la Banque mondiale, le Nord-coréen, médecin de formation avec une carrière largement consacrée à la recherche reviendra à ses premières amours dans l’humanitaire. L’homme est le cofondateur de Partners in Health, une association qui fournit des traitements et des moyens de prévention aux populations défavorisées des pays pauvres.