Editorial

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Le second tour de la présidentielle réussira-t-il à séduire les quatre millions d’électeurs qui ont boudé les urnes le 7 novembre ? Rien n’est moins sûr. C’est d’autant plus incertain que le désintérêt de la population pour les choses électorales date de plusieurs années. Au grand enthousiasme populaire qui anime chaque crise politique fait place à une grosse désillusion à l’issue de chaque élection. Beaucoup jurent de ne plus entendre parler de politique et de politiciens. Certains en appellent même à la malédiction de leurs progénitures s’ils se frottent à la politique. L’espoir de changement, de plus de liberté, de meilleures conditions de vie s’est transformé en cauchemar de plus en plus horrible.
Une tradition bien respectée et la faute en est aux politiciens véreux dans la totalité et aux électeurs naïfs et corvéables à merci. Autant la cuvée 2013 n’a pas été retenue dans les annales autant le cru 2018 ne se distingue pas par des qualités d’éthique et morales. Tout compte fait il n’y a que des politiciens par nécessité, sans dignité et sans la moindre vergogne. Le cirque continue de plus belle avec la chapelle de personnalités politiques ou pas qui soutiennent un candidat qu’elles ont insulté, vilipendé, houspillé et qui les a humiliées, piétinées, emprisonnées. Dans l’un comme dans l’autre camp, la situation se ressemble. D’anciennes victimes de l’un passent chez l’autre et vice-versa.
On suit le mouvement des encenseurs comme si on regardait un match de tennis avec le va-et-vient des yeux suivant la trajectoire de la balle. Sauf qu’à l’arrivée on n’exulte pas en faveur d’un coup droit, on s’indigne de la félonie d’un coup bas. On peut bien soutenir et voter en faveur d’un candidat sans le claironner sur tous les toits. Qui plus est quand il s’agit d’une personnalité insignifiante qui n’a pas réussi à rameuter ses partisans à voter pour elle. Comment peut-on penser qu’il le réussira en faveur d’une autre personne ? Autant celui qui offre son soutien présume de sa notoriété, autant celui qui bénéficie du fameux appui fait preuve de naïveté sinon d’ignorance. Le comble est que la plupart de ces personnalités ont été les fervents supporters de l’ancien Président Rajaonarimampianina pendant quatre ans. Ils ont réussi à le faire couler et l’accusent de tous les maux.
Quel que soit le Président élu au lendemain ou un mois après le 19 décembre, on retrouvera exactement cette même classe politique exécrable qui écume le pays depuis deux décennies. elle joue simplement à la chaise musicale sans changer la partition.
Avant de voter, il est donc recommandé de voir l’entourage des deux candidats. Et comme au second tour on élimine, on choisira celui dont l’aquarium compte le moins de piranhas. Mais là aussi le score risque d’être une parité. La Constitution dit qu’en cas d’égalité parfaite, le moins corrompu l’emporte. On tire à la courte paille, alors ?

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