Economie

Jean Pascal Ramanamisata – « Détourner 10 millions de dollars relève de l’impossible »

Le Directeur général de l’Autorité routière de Madagascar (ARM), Jean Pascal Ramanamisata.

Suite aux divers articles parus dans des quotidiens de la capitale, relatant le fait qu’un détournement de près de 10 millions de dollars aurait été perpétré au sein de l’Autorité routière de Madagascar (ARM), le Directeur général, Jean Pascal Ramanamisata réplique qu’il est impossible de détourner une telle somme.

• Y-a-t-il eu détournement de près de 35 milliards d’ariary auprès de l’ARM, dans le projet PUPIRV ? (Projet d’Urgence pour la Préservation des Infrastruc­tures et de la Réduction de la Vulnérabilité).
– C’est un projet financé par la Banque mondiale et une telle institution ne ferait pas passer aussi facilement un détournement de 10 millions de dollars. Le projet fait l’objet d’audits technique et financier réalisés par un cabinet externe. Un audit approfondi a été réalisé par la Banque mondiale et une équipe fiduciaire est descendue pour contrôler et vérifier après que des documents auraient circulé, dans un but, je pense, de dénigrer ma personne et les activités de l’ARM, afin de la discréditer. Le projet PUPIRV est un projet multisectoriel, approuvé en 2013. L’objectif est de préserver des infrastructures critiques et de réduire la vulnérabilité des ménages dans les zones ciblées. Je réitère alors qu’un projet d’une telle envergure est suivi de près par le bailleur de fonds. Le Programme de travail et budget annuel (PTBA) de l’ARM, comme ceux des autres agences d’exécution gérant le PUPIRV, est approuvé par le comité de pilotage avant de réaliser les activités. Ce comité de pilotage, composé du SG du ministère des Finances et du budget qui assure la présidence, du SG du ministère des Travaux publics, du SG du ministère de l’Agri­culture, du SG du Gouverne­ment et la Croix rouge, est le principal interlocuteur de la Banque mondiale. Chaque activité a fait l’objet d’une passation de marché dont le type doit être validé par la Banque Mondiale. Le rapport d’évaluation de chaque activité ainsi que le projet de contrat correspondant doivent recevoir l’avis de non objection de la Banque Mondiale avant sa réalisation. Aussi, détourner dix millions de dollars relève tout simplement de l’impossible.

• Quel est le montant exact alloué au projet PUPIRV ?
– Le montant initial dans l’accord de financement est de 57,5 millions de dollars. Étant un projet d’urgence, le PUPIRV n’est pas figé dans les activités formulées au moment de l’accord de prêt. D’autres activités urgentes non prévues peuvent survenir et être appuyées par le projet, à condition de répondre à l’objectif de préservation des infrastructures critiques. La dépréciation du dollar américain par rapport aux droits de tirages spéciaux (Dts), a conduit à une perte de presque cinq millions de dollars pendant les quatre années d’exécution du projet. La réallocation de fonds évaluée à 10 millions de
dollars dont 3 sur la composante A.1, pour appuyer le gouvernement dans la première phase de son programme de lutte antiacridienne en 2014, a encore réduit le montant du crédit alloué. Le pont Kamoro a coûté 18 mil­lions de dollars au lieu de 10 mil­lions, car le gouvernement a décidé qu’il aurait été plus rentable de construire un nouveau pont suspendu à double voies ayant une durée de vie de 100 ans et faire une réhabilitation légère de l’ancien que de procéder à une réhabilitation lourde de l’ancien. La réparation des dégâts cycloniques sur la RN4 a réduit encore l’enveloppe allouée.

• Quels travaux ont été alors finalement réalisés dans le projet PUPIRV qui est actuellement à son terme ?
– Des activités initialement prévues ont été abandonnées car sont restées sans financement, suite à la modification entreprise sur la base de décision du gouvernement. Le ministère des Travaux publics a priorisé la réhabilitation et la construction des quatre grands ponts sur les RN4 et RN6 ainsi que la reconstruction de deux sur les neuf ponts sur la RN4 initialement prévus. La RN4 a été la seule route ayant pu être réhabilitée car les intempéries de 2016 ont causé des dégâts conséquents sur cette route. Le projet a ainsi financé la réhabilitation de neuf ponts critiques. Les travaux de réhabilitation des points critiques sur les routes nationales 6, 7, 12 et 25 ont été abandonnés. La modification de ce qui a été prévu dans l’accord de financement relève de la prérogative du gouvernementet non de l’ARM. L’ARM n’est qu’une agence d’exécution du projet PUPIRV.

• D’après vous alors, quels intérêts trouvent ceux qui ont fait circuler ces documents remettant en cause la gestion de cette agence ?
– Publier des articles non recoupés concernant l’ARM et en plus diffamatoires sur des décisions prises par le gouvernement vise également ce dernier tout en discréditant l’ARM, donc son Directeur général. L’ARM ne jouit pas encore d’une pleine autonomie financière. Je n’entre en guerre avec personne. Seulement, beaucoup n’apprécient pas le fait que je sois toujours là depuis la mise en place de l’ARM dans les années 2006. Si j’avais commis quelconques bavures, les bailleurs de fonds auraient demandé depuis longtemps à ce que je sois remplacé. Certains bailleurs de Fonds déclarent mener leur propre enquête au vu de ces articles. Les organes de contrôle du ministère des Finances et du Budget, sont déjà venus.Tout est ausculté et contrôlé.

 

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