Economie

Environnement – Rio Tinto QMM se justifie.

Les suivis environnementaux sont essentiels pour rassurer les populations environnant un site minier. A Tolagnaro, les conflits sont loin de se résoudre.

Dix ans que le comité de suivi environnemental régional Anosy est effectif. Pour marquer la décennie d’activité, un énième atelier de restitution intitulé « Application du décret de la mise en compatibilité des investissements avec l’environnement (MECIE) à Madagascar» a été effectué, hier à l’hôtel Carlton par les représentants du comité. Selon ce comité, le bilan est plutôt positif pour Rio Tinto QMM, le groupe qui exploite le gisement d’ilménite de Taolagnaro. l’Office National de l’Environnement (ONE) et le Comité de Suivi en Environnement Régional (CSER) reconnaissent dans son bilan des activités de la mine pendant ces dix années d’exploitation, que les impacts positifs sont beaucoup plus conséquents que les impacts négatifs. Selon le document de restitution, « Le CSER a assuré un suivi de proximité des projets dans la région Anosy dont le projet d’exploitation QMM. Des évaluations ont ainsi été réalisées sur quatorze plans de gestion environnementaux sectoriels (PGES) de QMM en même temps que l’évaluation de quarante dossiers d’étude d’impact environnemental (EIE) d’autres promoteurs intervenant dans divers secteurs comme l’industrie et l’élevage ». Par ailleurs, le comité préconise la tenue d’un débat à l’échelle nationale afin de faire connaître les réalités au niveau du terrain pour trouver les pistes d’amélioration dans le but de s’assurer du bon déroulement du processus MECIE.

Revers
« Le développement économique d’une localité entraîne aussi ses lots de difficulté et de revers. Face aux rumeurs, il s’agit de défendre les piliers de développement à l’instar de Rio Tinto QMM qui fournit plus de 50% du budget de la commune de Taolagnaro grâce aux ristournes» soutient Georges Randrianaivo, maire de la commune urbaine de Taolagnaro. Cependant, l’enlèvement de la couverture végétale et le stockage de la couche d’humus, les extractions du sable, jusqu’à
20 mètres de profondeur, à l’aide d’une drague flottante, la réhabilitation incomplète des secteurs d’extraction ou encore l’acheminement par camion de l’ilménite et du zircon sur environ 15 km en vue de l’exportation du produit, font jaser plus d’un. Entrainant ainsi une vague de contestation du projet au niveau local pour des raisons environnementales. « Si vous survoler les zones d’exploitation en avion, vous constaterez que les réhabilitations sont loin d’être effectives à 100% comme le soulignent les rapports environnementaux. Sans parler des propriétaires de terrain exproprié avec des indemnisations en de ça de leurs valeurs réelles » déplore un habitant de Tolagnaro.