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Gouvernement – Rude marchandage sur la clé de répartition

La composition du nouveau gouvernement connaîtrait quelques difficultés. La clé de répartition des portefeuilles ministériels ne satisferait pas tout le monde.

Laborieux. Les tractations sur la composition du nouveau gouver- nement connaîtraient un dénouement difficile. Selon les informations, alors que les deux chefs de l’Exécutif souhaiteraient présenter la nouvelle équipe gouvernementale aujourd’hui, le marchandage serré sur la clé de répartition des départements ministériels pourrait contrarier leur plan.

À l’allure où vont les choses, sauf accord de dernière minute, le team Ntsay pourrait attendre les derniers instants du deadline fixé par la Haute cour constitutionnelle (HCC), avant d’être connu. Dans sa décision sur la requête en déchéance du président de la République, la Cour d’Ambohidahy prescrit sept jours après la nomination du Premier ministre de consensus, pour la nomination des ministres.

« Les négociations connaissent quelques difficultés. Des entités ne sont pas satisfaites de la répartition des ministères », explique une source proche du dossier. Les indiscrétions indiquent que l’effectif de l’équipe de Christian Ntsay, Premier ministre, serait arrêté à « trente et un ». La décision de la HCC dispose que « le président de la République nomme les ministres de souveraineté sur la base d’une clé de répartition convenue avec les forces politiques (…) ».

En ordre dispersé
Pour déterminer les forces politiques, la HCC renvoie à la liste des députés élus, proclamée par la Cour électorale spéciale (CES), en février 2014. Aussi, les ministères régaliens seraient répartis entre « le chef de l’État et le camp de ses deux prédécesseurs ». Un prescrit qui devrait être appliqué. Au total, le président de la République se verrait attribuer le choix de « huit ministres ».

Outre les ministères de souveraineté, la Cour dispose aussi, comme référence de la formation de l’ensem­ble du gouvernement, la liste proclamée par la CES. Sur le parvis de l’Hôtel de ville, « les députés pour le changement » affirment donc, qu’il ne devrait pas y avoir de ministre avec l’étiquette « Hery vaovao ho an’i Madagasikara » (HVM) au sein du gouvernement.

« Il n’y a aucun élu HVM dans la liste proclamée par la CES. La HCC parle de Premier ministre de consensus, et non pas de gouvernement de consensus », plaide maître Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente de l’Assemblée nationale. Les leaders des manifestations sur le parvis de l’Hôtel de ville veulent évincer les Bleus du pouvoir exécutif. Les partisans du président de la République au sein de la Chambre basse, dont le groupe parlementaire HVM, devraient être représentés au sein du gouvernement.

« Les députés pro-pouvoir seront considérés comme une seule entité dans la clé de répartition des sièges », affirme une source proche d’Iavoloha. Faisant valoir son nombre de « soixante dix neuf députés », les pro-pouvoir souhaiteraient s’arroger « huit ou dix ministères », d’après cette source. Il semble contradictoire qu’un Premier ministre de consensus et son équipe soient en minorité à l’Assemblée nationale.

Les groupes au sein des « soixante-treize députés pour le changement », d’autant plus, seraient en ordre dispersé dans les négociations pour la répartition des sièges. Le Groupe des partisans de Andry Rajoelina (Mapar) table sur « une dizaine de départements ministériels ». Certaines voix estiment, cependant, qu’« ils ne devraient plus avoir que six ministères, plus la Primature qui leur est déjà acquise ».

Alors que la liste de la CES ne mentionne que « la mouvance Ravalomanana », le « Tiako i Madagasikara » (Tim) ne pourrait prétendre qu’à « trois ministères ». Un quota qui offusque le camp de Marc Ravalomanana. « Cette proposition ne nous convient pas du tout. Nous avons décidé de ne pas encore proposer de nom pour siéger au sein du gouvernement », affirme le député Guy Rivo Randrianarisoa.

Outre Mapar et Tim, il y a encore les représentants des autres entités politiques et les indépendants qui composent les parlementaires manifestants à Analakely, à placer au sein du gouvernement. La barre des trente-et-un ministères fixée, chaque camp semble jouer des coudes pour se tailler la part du lion au sein du gouvernement.