Editorial Opinions

Rein de rein

Eric Fou Hehy, ne sera pas la dernière victime de l’insuffisance rénale. Beaucoup avant lui ont succombé et certainement d’autres après lui vont subir le même sort à cause du coup exorbitant du traitement. Pour le moment il n’y a que la dialyse comme traitement approprié de l’insuffisance rénale à raison de deux à trois séances par semaine. C’est juste un sursis puisqu’il suffit qu’on rate quelques séances pour qu’on cesse de vivre. Il faut donc avoir un compte en banque bien fourni et un portefeuille bien garni pour pouvoir échapper à la sentence suprême. Ce sera ainsi pour longtemps.
Du moins jusqu’à ce que nos députés réalisent l’importance d’une loi autorisant la greffe de rein ou d’autres organes. Ce n’est pas demain la veille. Un des leurs avait succombé de la même maladie pour n’avoir bénéficié d’une évacuation en Inde qu’au dernier moment en échange de l’abandon de son groupe parlementaire. Les larmes aux yeux, avec l’espoir d’une guérison, il avait accepté cette condition cynique. La justice immanente rattrape aujourd’hui ces députés diaboliques.
Ils n’étaient pas assez nombreux pour rejeter le projet de loi sur l’interruption médicale de grossesse, arguant que cela risque de banaliser l’avortement. Si les soixante treize députés avaient été là, la tendance aurait été renversée. Pour la même raison, le projet de loi sur la greffe d’organe reste bloqué au niveau du Parlement. Les députés servent mieux les électeurs en songeant à des lois utiles pour toute la société et non seulement quand leur gourou est menacé de ne pas pouvoir se présenter à l’élection. On aurait aimé voir ces députés arpenter la rue pour réclamer l’adoption de ces projets de loi dont l’importance est cruciale pour la population.
Contrairement à ce malheureux député, Eric Fou Hehy de par son statut de star du rire, va vraisemblablement bénéficier d’une évacuation sanitaire pour se soigne en Inde, c’est tout le mal qu’on lui souhaite, mais tout le monde ne pourra pas jouir d’un tel privilège. Il a suffi que les composants d’une dialyse soient bloqués au port de Toamasina à cause des encombrements, pour que des malades décèdent dans l’indifférence totale. Aucun recours n’est envisageable pour acculer les responsables et pour que ce genre de situation ne se reproduise plus.
Il faut prendre son mal en patience faute de greffe. Les députés, eux, claironnent par dessus le marché, rein de rein je ne regrette rein.

Par Sylvain Ranjalahy

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